Explosion de nuage de vapeur (UVCE)
Explosion d'un nuage d'hydrocarbures dispersé dans l'air, qui prend feu en terrain libre ; le sinistre industriel dont les dégâts s'étendent le plus loin, bien au-delà de la fuite d'origine.
Le 1er juin 1974, à Flixborough, dans le Lincolnshire, une tuyauterie provisoire de cyclohexane cède sur une usine de caprolactame. Le cyclohexane libéré forme un nuage qui trouve une source d'allumage : vingt-huit morts, des dégâts à des kilomètres. Le mécanisme porte un nom, UVCE, unconfined vapor cloud explosion. Un liquide ou un gaz s'échappe, se mélange à l'air, atteint sa concentration inflammable, trouve une étincelle, et le front de flamme accélère dans les obstacles de l'installation. Plus le site est encombré de tuyauteries et de structures, plus la surpression grimpe. Le souscripteur modélise donc la surpression, et non l'incendie, par rayon, autour de chaque point de fuite possible. Le calcul fixe la perte maximale probable (PML) du site et commande la distance utile entre une unité et ses voisines, dont la salle de contrôle, le bâtiment administratif et la caravane de sous-traitants que Texas City a rendue célèbre. D'où l'attention de l'assurance industrielle aux sites voisins : un nuage ne s'arrête pas à la clôture. Le sinistre est en général couvert par la police dommages, mais la sévérité vient de la responsabilité envers les tiers, riverains compris. À ne pas confondre avec l'explosion de poussières, ni avec le BLEVE, qui est l'éclatement d'un réservoir sous pression.
Cas d'école : une fuite de 20 tonnes de propane sur une unité d'un site pétrochimique forme un nuage de 150 mètres qui explose. La surpression détruit deux unités voisines et la salle de contrôle, 220 millions de dollars de dommages et 14 mois d'arrêt. Le modèle de souscription avait fixé la PML à 180 millions : l'écart est resté à la charge du site.
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