Version 11 du modèle de RMS (2011)
Mise à jour du modèle d'ouragan nord-atlantique de RMS livrée en 2011, qui a relevé les pertes modélisées de nombreux portefeuilles américains et reste le cas type du changement de modèle.
La version 11 du modèle de RMS (Risk Management Solutions) est la mise à jour du modèle d'ouragan nord-atlantique livrée par le modélisateur en 2011, restée dans le marché comme l'exemple type du changement de modèle qui déplace le capital. Elle relevait nettement les pertes modélisées de beaucoup de portefeuilles américains, surtout loin de la côte. La cause principale tenait à l'affaiblissement des ouragans après l'atterrissage : RMS l'avait recalibré, et les vents restaient forts plus longtemps à l'intérieur des terres. Pour certains portefeuilles, le sinistre maximal probable (PML) centennal a pris plusieurs dizaines de pour cent ; d'autres n'ont presque pas bougé, selon leur répartition entre côte et intérieur. Une perte modélisée nourrit les tarifs, les limites d'accumulation par zone et les plans de réassurance, si bien qu'une version de modèle touche toute la chaîne de souscription. Le choc s'est transmis par la chaîne habituelle. Les agences de notation et les régulateurs lisent les PML, le besoin de capital des cédantes suit, et la demande de réassurance avec. Les renouvellements floridiens de juin 2011 se sont négociés avec cette nouvelle base sur la table. La critique a été vive, parce que le relèvement arrivait sans sinistre majeur récent pour le justifier et que les autres modèles commerciaux ne bougeaient pas dans la même proportion. Plusieurs cédantes ont étalé l'adoption sur plusieurs exercices, ou mélangé l'ancienne et la nouvelle version le temps de comprendre. Le marché en a gardé une habitude : faire tourner plusieurs modèles, les pondérer et construire sa propre vue du risque au lieu de reprendre une sortie brute. Chaque fois qu'un modélisateur annonce une nouvelle version, le souvenir de la version 11 revient dans la négociation, et la première question porte sur le calendrier d'adoption.
Cas d'école, chiffres inventés : une cédante de Floride achète sa réassurance jusqu'à son PML centennal, 1,2 milliard de dollars sous l'ancienne version. Avec la nouvelle, le même portefeuille sort à 1,55 milliard. Tenir la même période de retour suppose 350 millions de capacité en plus, à un taux en ligne de 8 %, soit 28 millions de prime supplémentaire. Si elle garde sa tour telle quelle, sa couverture tombe sous le niveau centennal, et l'agence de notation le lira au prochain dossier.
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