Taux cycloniques de moyen terme
Fréquences d'ouragans calées sur les cinq années à venir plutôt que sur la moyenne observée depuis 1900, que les modèles catastrophe proposent depuis les saisons 2004 et 2005.
Les taux cycloniques de moyen terme sont des fréquences d'ouragans calées sur les cinq années à venir, et non sur la moyenne observée depuis le début du XXe siècle. Ils repondèrent le catalogue stochastique d'un modèle catastrophe sans toucher aux événements eux-mêmes. Le catalogue de long terme, lui, s'appuie sur la base historique des ouragans de l'Atlantique (HURDAT) depuis 1900. Tout part de 2005 : Katrina, Rita et Wilma frappent les États-Unis en quelques semaines, un an après les quatre ouragans de Floride. En 2006, RMS fait d'une vue de moyen terme, tirée d'une consultation d'experts, le réglage par défaut de son modèle d'ouragan nord-atlantique. AIR répond avec un catalogue conditionné à des températures de surface de la mer chaudes. L'argument physique est simple. L'Atlantique traverse des phases chaudes et froides de plusieurs décennies (l'oscillation atlantique multidécennale, AMO), et une phase chaude produit davantage d'ouragans majeurs. Le modélisateur relève donc le taux annuel de touchée à terre par catégorie et par région, puis recalcule les courbes de dépassement : la perte moyenne monte, la période de retour d'une perte donnée raccourcit. Beaucoup de réassureurs ont adopté cette vue comme référence. Elle n'a jamais fait l'unanimité. La commission de Floride qui certifie les modèles servant à la tarification résidentielle s'en tient aux fréquences historiques de long terme. Et aucun ouragan majeur n'a touché terre aux États-Unis entre Wilma (2005) et Harvey (2017), ce qui a nourri le soupçon d'un avis d'experts trop marqué par deux saisons hors norme. Devant deux PML (sinistre maximal probable) qui divergent, la première question porte sur le catalogue : l'écart de taux pèse souvent plus que l'écart de modèle.
Cas d'école, chiffres inventés : un portefeuille résidentiel en Floride affiche 40 millions de dollars de perte annuelle moyenne avec le catalogue de long terme. Les ouragans de catégorie 3 à 5 en font 70 %. La vue de moyen terme relève leur fréquence de 25 % et laisse le reste inchangé : 40 × (0,30 + 0,70 × 1,25) = 47 millions. La perte centennale d'hier devient une perte de période de retour 80 ans environ, et le coût technique d'une tranche haute du programme de réassurance suit.
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