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Le fillundi 14 septembre 20262 sources ouvertes

1 100 milliards de réserves vie aux Bermudes reposent sur des règles de publication jamais éprouvées

Le 11 septembre 2026, The Royal Gazette rend compte d'un rapport de Fitch Ratings : les réserves de réassurance vie cédées offshore par les assureurs américains ont bondi de près de 190 % depuis 2020, pour atteindre 1 300 milliards de dollars fin 2025, dont 85 % aux Bermudes. Bernews couvre à son tour le même rapport, le même mois. Fitch attribue l'avantage bermudien à l'équivalence Solvabilité II, au statut de juridiction réciproque reconnu par la NAIC, et à de nouvelles obligations de publication sur les actifs, les passifs et la gestion actif-passif, exigées à partir des comptes de l'exercice 2025.

The Royal Gazette retient la comparaison régionale de Fitch : d'autres places offshore, dont les îles Caïmans, sont jugées moins solides, plus souples et moins transparentes, donc plus exposées à l'arbitrage réglementaire. Les Bermudes s'en distinguent par ces nouvelles obligations de publication, exigées pour la première fois sur les comptes de l'exercice clos fin 2025, qui détaillent les actifs, les passifs et la gestion actif-passif des assureurs vie de long terme.

Bernews donne un chiffre que la Royal Gazette ne reprend pas : fin 2025, 72 % de la réassurance offshore était cédée à des entités affiliées, donc à l'intérieur du même groupe plutôt qu'à un réassureur tiers indépendant. Fitch explique cette croissance par l'optimisation du capital, les partenariats avec des gestionnaires d'actifs alternatifs, la création de sidecars et des ventes record de rentes, sans jamais rapprocher ce chiffre de la comparaison des places offshore qu'elle dresse pourtant dans le même rapport.

Les deux comptes rendus s'accordent sans réserve sur un point : la nouvelle exigence de publication est présentée comme ce qui distingue les Bermudes et fonde la confiance de Fitch dans la poursuite de la croissance. Aucun des deux textes ne dit à quel moment cette exigence a réellement été appliquée pour la première fois.

Ce qu'aucun des deux ne relève, c'est que cette transparence qui rassure n'a pas encore un seul cycle de publication derrière elle. L'exigence porte sur les comptes de l'exercice clos fin 2025 : quand Fitch publie son rapport, ces comptes viennent tout juste d'être arrêtés et n'ont encore été ni déposés ni examinés sous le nouveau format. Les 1 300 milliards de dollars de réserves, eux, se sont accumulés pendant les cinq années qui ont précédé la règle. La confiance que Fitch affiche porte donc sur un régime qui n'a encore rien prouvé, appliqué à un stock qui, lui, existe déjà en entier. Le chiffre de 72 % d'affaires affiliées change en outre la nature même de ce qui est cédé : pour près des trois quarts des réserves cédées, le risque ne quitte jamais le groupe. Il change d'entité, de juridiction et surtout de régime de capital, sans être partagé avec un tiers indépendant. Le régulateur de l'État cédant regarde alors moins le cadre bermudien que l'actif placé en face, et la façon dont l'entité affiliée le valorise.

Pour le régulateur d'un État américain qui examine la cession bermudienne d'un assureur domicilié chez lui, la solidité déclarée du cadre bermudien dans son ensemble compte moins qu'une question précise : la nouvelle obligation de publication s'applique-t-elle déjà, concrètement, à l'entité affiliée qui porte le bloc de rentes de cet assureur, et depuis combien de cycles de dépôt ? Pour le souscripteur d'une rente ou pour son conseiller, savoir que les Bermudes sont mieux réglementées que les îles Caïmans ne dit rien de la solidité de l'entité affiliée qui porte sa propre garantie, ni de l'ancienneté du contrôle réellement exercé sur elle.

On ne sait pas encore ce que révéleront les premiers dépôts établis sous ce nouveau format, une fois publiés et examinés, sur l'adossement des actifs détenus à des engagements de rente qui courent sur plusieurs décennies. On ne sait pas non plus si la part affiliée continuera de croître à mesure que les assureurs américains multiplient leurs propres véhicules bermudiens, ou si elle reculera avec l'arrivée d'investisseurs tiers. Les comptes de l'exercice 2025, une fois déposés et examinés, le diront.

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