Le chiffre français : l'étude LUCY de juillet 2026
L'AMRAE, l'association des risk managers, publie chaque année LUCY, « Lumière sur la cyberassurance ». L'édition 2026, parue le 9 juillet 2026, porte sur 20 996 contrats et 1 251 sinistres de l'année 2025, apportés par douze courtiers et un assureur (AMRAE, édition 2026).
Elle illustre chaque taille d'entreprise par un exemple type. La micro-entreprise, moins de 2 M€ de chiffre d'affaires, paie 645 € par an pour une limite de 627 000 €. La petite entreprise, de 2 à 10 M€, paie 1 600 € pour une limite de 701 000 € (AMRAE, édition 2026). Rapporté à la limite, cela fait environ 0,10 % et 0,23 % par an (calcul AlgoPolis).
Deux ans plus tôt, l'édition 2024, sur les contrats de 2023, prenait une micro-entreprise à 500 € pour une limite de 350 000 € (LUCY 2024, PDF de l'étude). Le prix de l'exemple a monté de 29 %, sa limite de 79 % : l'euro de limite coûtait 0,14 % et en coûte 0,10 % (calcul AlgoPolis, sur deux exemples qui ne sont pas la même entreprise).
Il faut lire ces montants comme une fourchette. Le segment des petites entreprises est le moins bien mesuré de l'étude, parce qu'une partie d'entre elles s'assure sans courtier et échappe à l'échantillon (fiche de la source).
Plus haut dans l'échelle, la même baisse
Chez les plus grandes, LUCY mesure un prix rapporté à la limite et le voit reculer deux années de suite. Pour les grandes entreprises, 2,37 % en 2023 puis 1,90 % en 2024 (LUCY 2025, version anglaise), puis encore 32 % de moins en 2025 ; pour les ETI, 23 % de moins en 2025 (AMRAE, édition 2026). Le nombre d'ETI assurées dans l'échantillon est passé de 1 145 à 2 002 en un an (relevé de l'édition 2026 par un courtier).
Le cycle mondial : la hausse de 2021, la baisse depuis 2023
L'indice trimestriel d'un grand courtier international sert de thermomètre au marché. Au quatrième trimestre 2021, en pleine vague de rançongiciels, il mesurait des tarifs cyber en hausse de 130 % aux États-Unis et de 92 % au Royaume-Uni sur un an (Insurance Journal, 2 février 2022).
Le mouvement s'est retourné. Au troisième trimestre 2025, le même indice donnait les tarifs cyber en baisse de 6 % dans le monde et de 12 % en Europe (communiqué d'octobre 2025). Au deuxième trimestre 2026, encore 4 % de moins, après 5 % au premier : douze trimestres de baisse d'affilée (communiqué de juillet 2026). Cet indice suit surtout des entreprises moyennes et grandes ; pour une PME française, il donne la direction, pas le niveau.
La baisse ne vient pas d'un risque qui se calme. Aux États-Unis, les sinistres et leurs frais de gestion ont absorbé 53 % des encaissements cyber en 2025, contre 49 % en 2024, d'après la lecture par Fitch des chiffres du régulateur (The Insurer, 15 avril 2026, France Épargne). Un marché mou peut durcir vite, comme en 2021.
Ce qu'il faut retenir
Le tarif d'une PME se construit d'abord sur sa taille : LUCY classe les entreprises par chiffre d'affaires, et les exemples changent d'échelle avec lui. Le secteur pèse ensuite, mais les écarts sectoriels de tarification ne sont pas publiés. Puis viennent les réponses au questionnaire de souscription : authentification multifacteur sur la messagerie et les accès à distance, sauvegardes isolées et testées, correctifs, plan de reprise. Une réponse inexacte se découvre en général au sinistre, et le code des assurances en tire alors la nullité du contrat ou la réduction de l'indemnité (articles L. 113-8 et L. 113-9). Le cycle du marché, enfin, déplace le tout d'une année à l'autre. AlgoPolis publie ces chiffres avec leur date et leur périmètre ; cette page ne donne le tarif de personne et ne dit pas quoi acheter.