Affaire des rentiers oubliés de MetLife (2018)
En 2018, MetLife a reconnu n'avoir jamais versé leurs rentes à environ 13 500 retraités issus de rachats de régimes de retraite, ce qui a valu des sanctions de New York et de la SEC.
Quand une entreprise transfère son régime de retraite à un assureur par rachat de rentes, l'assureur reprend la charge de verser des pensions à des milliers de personnes qu'il ne connaît pas, souvent des années avant leur départ à la retraite. Le risque opérationnel est alors de perdre leur trace : adresse périmée, changement de nom, absence de réclamation à l'âge prévu. L'affaire MetLife a montré l'effet comptable pervers de ce risque : un assuré présumé introuvable ou décédé permettait de libérer la provision correspondante et d'augmenter le résultat. Elle a conduit les régulateurs à exiger des recherches actives, notamment par rapprochement avec les fichiers de décès, avant de considérer un engagement comme éteint, exigence parente de celle que la loi Eckert pose en France.
Mi-février 2018, MetLife a reporté ses résultats et révélé qu'environ 13 500 bénéficiaires de rentes collectives, sur 600 000, n'avaient pas reçu leurs versements, certains depuis 25 ans ; elle a constitué 510 millions de dollars de provision et reconnu une faiblesse significative de contrôle interne. En janvier 2019, le régulateur de l'État de New York lui a infligé 19,75 millions de dollars d'amende et imposé plus de 189 millions de versements rétroactifs ; la SEC a ajouté 10 millions de dollars fin 2019.
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