Provision mathématique
Différence entre la valeur actuelle des engagements de l'assureur et celle des cotisations futures de l'assuré, principale dette technique d'un assureur vie.
La provision mathématique est la dette qu'un assureur vie inscrit à son bilan pour chaque contrat. Elle se calcule comme la différence entre la valeur actuelle probable de ce qu'il devra verser et celle des cotisations qu'il recevra encore. Elle existe parce que les primes et le risque ne suivent pas le même rythme. Dans un contrat décès à prime constante, l'assuré paie trop cher les premières années au regard de sa mortalité, et pas assez les dernières : l'excédent du début doit être conservé, pas distribué. Deux hypothèses la déterminent, la table de mortalité et le taux technique d'actualisation. Une erreur sur l'une ou l'autre se propage à tout le portefeuille sans se voir tout de suite. Les provisions doivent être représentées par des actifs de montant au moins égal. Cette règle de congruence interdit d'adosser une dette de trente ans à de la trésorerie. En assurance vie épargne, la provision mathématique est aussi ce que l'assuré verrait s'il demandait le rachat, aux pénalités près.
Le code des assurances plafonne le taux technique retenu pour actualiser les engagements à une fraction du taux moyen des emprunts d'État. Après la baisse des taux de la décennie 2010, cette règle a conduit le marché français à souscrire l'essentiel de ses contrats d'épargne à taux technique nul. La provision mathématique y est alors égale à l'épargne acquise, revalorisée chaque année par la participation aux bénéfices.
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