Africa Re (African Reinsurance Corporation)
Réassureur panafricain créé en 1976 par des États africains et la Banque africaine de développement, dont le nouveau siège d'Abuja a été inauguré le 24 juin 2026 après des décennies à Lagos, et à qui certains États imposent une cession légale sur les traités de leurs assureurs.
Africa Re est un réassureur panafricain, dont le nouveau siège d'Abuja, qui remplace celui de Lagos, a été inauguré le 24 juin 2026, à qui certains États imposent une cession légale sur les traités de leurs assureurs. En 1976, des États membres de l'Organisation de l'unité africaine et la Banque africaine de développement (BAfD) signent à Yaoundé l'accord qui crée l'African Reinsurance Corporation, installée ensuite à Lagos. Le constat de départ était simple : l'essentiel des primes de réassurance du continent partait vers Londres, Paris ou Zurich, avec les devises qui allaient avec, et le savoir technique restait de l'autre côté de la Méditerranée. Africa Re devait en retenir une part sur le continent. L'outil juridique est la cession légale. L'accord constitutif prévoit que les assureurs des États membres cèdent à Africa Re une quote-part de leurs traités de réassurance, historiquement 5 %, quel que soit le réassureur choisi pour le reste. Son application varie beaucoup : certains États l'appliquent par la loi, d'autres l'ont laissée s'éteindre, et dans la zone de la Conférence interafricaine des marchés d'assurances (CIMA), elle s'ajoute à la cession due à CICA-RE (Compagnie commune de réassurance des États membres de la CIMA). Le capital, d'abord tenu par les États et la BAfD, s'est ouvert à des compagnies d'assurance africaines, puis, en 2015, à des groupes internationaux d'assurance et de réassurance. Africa Re souscrit aujourd'hui bien au-delà de ses cessions obligatoires, avec des bureaux régionaux dans plusieurs pays, et mène souvent les traités des marchés africains. Pour une cédante, la cession légale se lit comme une ligne imposée : elle sort du placement avant que le courtier ne présente le reste au marché, aux conditions du traité. Pour un souscripteur étranger qui réassure un fronting local, elle signifie qu'une tranche du risque part chez Africa Re, ce qui suppose de vérifier comment la clause est rédigée et si cette part s'impute avant ou après la sienne. La réserve des courtiers porte sur l'effectivité : une obligation légale que le régulateur local ne contrôle pas devient vite une habitude commerciale, et les pratiques diffèrent d'un pays à l'autre.
Un assureur kényan place son traité incendie : la quote-part due à Africa Re au titre de la cession légale est déduite d'abord, puis le courtier syndique le reste auprès de réassureurs africains et internationaux. La part d'Africa Re suit les conditions négociées pour l'ensemble du traité.
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