Attaque d'Abqaiq et de Khurais (2019)
Le 14 septembre 2019, des drones et missiles frappent l'usine de stabilisation d'Abqaiq et le champ de Khurais, en Arabie saoudite, et retirent d'un coup environ cinq pour cent de l'offre mondiale de pétrole : un cas d'école de risque politique appliqué à l'énergie.
Le 14 septembre 2019, avant l'aube, des drones et des missiles frappent deux sites de Saudi Aramco : l'usine de stabilisation de brut d'Abqaiq, la plus grande du monde, et le champ de Khurais. Environ 5,7 millions de barils par jour s'arrêtent, soit plus de la moitié de la production saoudienne et environ cinq pour cent de l'offre mondiale. Le lundi suivant, le Brent bondit de près de 20 % en séance, sa plus forte hausse intrajournalière depuis janvier 1991, avant de refluer : il termine la séance à +14,6 %, du jamais vu en clôture depuis au moins 1988. Les Houthis du Yémen revendiquent l'attaque ; les États-Unis et l'Arabie saoudite l'attribuent à l'Iran, qui le nie. Les stocks et une remise en état très rapide rétablissent la production en quelques semaines. Côté assurance, le sinistre bute sur une frontière de contrat. Les polices dommages contiennent presque toutes une exclusion de guerre, et celle du terrorisme ou de l'acte hostile selon les marchés. Une attaque revendiquée par un mouvement armé et attribuée à un État met en tension les deux : qui est l'auteur, et à quel titre le sinistre est-il couvert ? À Londres, où la violence politique se vend à part, les taux ont monté pour la région et les capacités se sont resserrées. Voilà du risque politique à l'intérieur d'un contrat de dommages, et la même question se pose en cyber lorsqu'une attaque est imputée à un État. À ne pas confondre avec le sabotage de Nord Stream, qui visait une infrastructure sous-marine.
Cas d'école : un raffineur importe 200 000 barils par jour de brut saoudien. L'attaque coupe ses livraisons pendant trois semaines. Son site est intact : sa police dommages ne répond pas. Une garantie de perte d'exploitation contingente nommant Abqaiq l'aurait couvert, sauf si l'assureur oppose l'exclusion de guerre sur le site du fournisseur, point que le libellé de la garantie doit régler.
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