Caisse de transport d'œuvres (caisse de musée)
Caisse à double paroi, mousse amortissante et isolation thermique dans laquelle voyage une œuvre prêtée, ouverte après un temps d'acclimatation ; elle fait partie de la prévention qu'exigent les polices clou à clou.
La plupart des sinistres beaux-arts surviennent pendant la manutention, et la caisse est la première défense de l'œuvre contre le choc, la vibration et l'écart de climat. Une caisse de musée se construit sur mesure, en contreplaqué, avec une double paroi : une caisse intérieure qui tient l'œuvre, flottant dans une caisse extérieure sur des blocs de mousse calculés pour son poids, et des panneaux isolants qui ralentissent les variations de température et d'humidité relative pendant le transport. Les tableaux voyagent souvent dans un plateau ou un cadre de transport, les sculptures sur un socle fixé dans la caisse. À l'arrivée, on ne l'ouvre pas tout de suite : un temps d'acclimatation, souvent 24 heures, laisse l'intérieur rejoindre lentement le climat de la salle, faute de quoi une toile froide se couvre de condensation ou se tend brutalement. Les polices clou à clou et les contrats de prêt imposent ces caisses, le transporteur spécialisé et souvent le délai d'ouverture ; un écart à ces conditions peut réduire ou fermer la garantie, selon le libellé. Le gestionnaire de sinistres s'appuie sur les enregistreurs placés dans la caisse : indicateurs de choc qui virent au rouge au-delà d'un seuil, enregistreurs électroniques qui datent chaque choc et relèvent température et humidité. Un choc daté à l'heure d'un transbordement désigne la phase du dommage et le manutentionnaire en cause, ce qui ouvre le recours. La caisse a ses limites : elle protège mal contre une chute de plusieurs mètres d'un chariot élévateur, et une caisse réutilisée d'un prêt à l'autre perd une part de l'amorti de ses mousses. À ne pas confondre avec le vice propre, la dégradation qui vient de l'œuvre elle-même, d'une peinture instable ou d'un support fragile, et que les polices excluent même quand la caisse a fait son travail.
Cas d'école : une toile de 2 millions d'euros en valeur agréée arrive en caisse avec un enregistreur réglé pour signaler tout choc au-delà de 10 g. Le relevé montre un choc de 14 g daté de 14 h 32, à l'heure du transfert entre le camion et l'entrepôt de l'aéroport. Après 24 heures d'acclimatation, le constat relève une écaille. Restauration : 30 000 euros ; dépréciation retenue par l'expert : 5 % de 2 millions, soit 100 000 euros. L'assureur clou à clou paie 130 000 euros et exerce son recours contre le manutentionnaire désigné par l'horodatage.
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