Clause bénéficiaire démembrée
Rédaction de la clause bénéficiaire qui attribue l'usufruit du capital à une personne, souvent le conjoint, et la nue-propriété à d'autres, souvent les enfants, avec un quasi-usufruit sur les sommes d'argent.
Une clause bénéficiaire classique désigne une ou plusieurs personnes en pleine propriété. La clause démembrée répartit le capital entre un usufruitier et des nus-propriétaires. Comme le capital est une somme d'argent, qui se consomme par l'usage, l'usufruitier exerce en principe un quasi-usufruit, prévu par l'article 587 du code civil : il peut disposer librement des fonds, à charge d'en restituer la valeur à son décès. Les nus-propriétaires détiennent alors une créance de restitution sur sa succession. Le mécanisme sert un objectif précis : donner au conjoint survivant la disposition de l'argent sa vie durant, tout en garantissant aux enfants qu'ils le recevront à terme. Il a un effet fiscal recherché. La taxation au décès du souscripteur se répartit entre usufruitier et nus-propriétaires selon le barème fiscal de l'usufruit, fondé sur l'âge de l'usufruitier ; le conjoint étant exonéré, seule la nue-propriété est taxée. Au décès de l'usufruitier, la créance de restitution est déductible de sa succession, ce qui réduit les droits. La clause exige une rédaction soignée : prévoir le sort du capital si un bénéficiaire prédécède, organiser une garantie de la créance de restitution, faute de quoi les enfants restent exposés à un usufruitier qui aurait tout dépensé.
Cas d'école : un souscripteur désigne son épouse de 71 ans pour l'usufruit et ses deux enfants pour la nue-propriété d'un capital de 400 000 euros. L'épouse dispose des fonds, exonérée ; les enfants ne sont taxés que sur la nue-propriété, évaluée à 70 pour cent, et déduiront à son décès la créance de 400 000 euros de sa succession.
démembrement de la clause bénéficiaire, quasi-usufruit, split beneficiary designation
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