Conditions de conservation et hygrométrie
Température et humidité d'un lieu de conservation. Un écart prolongé abîme les œuvres sans événement daté : c'est là que la couverture se discute.
Le repère classique des musées est de 50 % d'humidité relative et 20 °C, à quelques points près ; depuis 2014, les lignes directrices du groupe Bizot admettent pour les prêts une plage stable de 40 à 60 % et de 16 à 25 °C. Au-delà, le bois gonfle, la couche picturale se soulève, le papier se tache de moisissures. Le sinistre est rarement un instant : une centrale de traitement d'air tombe en panne un week-end d'août, l'humidité monte, et on découvre le dommage dix jours plus tard. La difficulté d'assurance tient à la frontière entre l'événement soudain, couvert, et la dégradation graduelle, que les polices d'art écartent souvent avec le vice propre et l'usure. Ce que l'assuré peut produire fait la différence : relevés d'enregistreurs de température, alertes, journal de maintenance, constat d'état avant et après. Sans enregistrement continu, l'expert ne peut dater ni la panne ni ses effets. Les réserves en sous-sol et les conteneurs d'un port franc y sont particulièrement exposés.
Cas d'école : dans une réserve de 900 m², la centrale d'air s'arrête neuf jours en août. L'humidité relative passe de 50 à 78 %. Cent quarante estampes, assurées 310 000 € au total, présentent des moisissures ; la restauration est chiffrée à 62 000 €. Les enregistreurs prouvent la panne, l'assureur la traite comme un événement soudain.
hygrométrie des œuvres d'art, humidité relative en réserve, dommage climatique sur œuvre, panne de climatisation de musée
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