Coupure d'Estlink 2 et affaire de l'Eagle S (2024)
Coupure, le 25 décembre 2024, du câble électrique Estlink 2 entre la Finlande et l'Estonie et de quatre câbles de télécommunication. La Finlande arraisonne l'Eagle S, pétrolier soupçonné d'avoir traîné son ancre.
Le 25 décembre 2024, à la mi-journée, Estlink 2, la liaison électrique sous-marine à courant continu de 650 mégawatts entre la Finlande et l'Estonie, s'arrête. Quatre câbles de télécommunication du golfe de Finlande sont endommagés dans les mêmes heures. Le lendemain, les garde-côtes finlandais arraisonnent l'Eagle S, un pétrolier sous pavillon des îles Cook chargé de produits russes. Les autorités européennes le rattachent à la flotte fantôme qui contourne le plafonnement des prix du pétrole. Son ancre manque ; une trace de raclage court sur des dizaines de kilomètres de fond. L'OTAN lance l'opération Baltic Sentry le 14 janvier 2025. Le parquet finlandais poursuit le capitaine et deux officiers. Le 3 octobre 2025, le tribunal de district d'Helsinki se déclare incompétent : les faits ont eu lieu dans la zone économique exclusive, hors des eaux territoriales. La cour d'appel d'Helsinki annule ce jugement à la fin de l'été 2026 et rouvre l'affaire, décision encore susceptible d'un pourvoi. Pour l'assurance, l'affaire coche toutes les cases de la zone grise : un navire marchand, pas un navire de guerre, un dommage sans revendication, une intention qu'aucun tribunal n'a établie. La réparation du câble a pris des mois. Le dommage relève-t-il de la responsabilité de l'armateur et de son club P&I, d'un acte malveillant, ou d'une opération hybride que les exclusions de guerre retirent ? Chaque police répond selon ses mots, et aucun ne dit « ancre ».
Cas d'école : un fournisseur d'électricité estonien qui importait par Estlink 2 achète au prix spot pendant les mois de réparation. Il réclame la perte de marge à sa police dommages et pertes d'exploitation, au titre de la carence de fournisseur. L'assureur répond que le câble n'appartient ni à l'assuré ni à un fournisseur nommé, et que la carence de réseau est exclue sans extension spécifique.
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