Clubs P&I (protection et indemnité)
Mutuelles d'armateurs couvrant la responsabilité civile maritime : dommages aux tiers, pollution, équipages, marchandises.
Un club P&I est la mutuelle où les armateurs mettent en commun la responsabilité civile que leur vaut l'exploitation des navires : dommages corporels aux équipages et aux passagers, pollution marine, dommages aux installations portuaires, responsabilité pour les marchandises transportées, frais d'enlèvement d'épave. Cette responsabilité, distincte des dommages au navire couverts par la garantie corps, peut atteindre des montants considérables, en particulier en cas de marée noire. Les clubs fonctionnent sur un principe mutualiste : les armateurs membres se réassurent entre eux et au sein d'un groupe international qui mutualise les très gros sinistres, permettant d'offrir des limites de garantie élevées. Cette structure mutualiste est une particularité historique du marché maritime. Pour la réassurance, le pool des clubs constitue un acheteur majeur de capacité sur les responsabilités catastrophiques, et les évolutions réglementaires sur la pollution et la décarbonation du transport maritime font évoluer le profil de risque couvert.
Exemple, une marée noire chiffrée à 500 millions de dollars (hypothèse d'exemple) sur un navire inscrit dans un club du groupe international, année de police 2026/27. Le club garde les 10 premiers millions ; le pool commun aux clubs prend la tranche de 90 millions au-delà de 10, partagée entre eux ; la première couche du traité d'excédent de sinistre du groupe, 650 millions au-delà de 100, paie les 400 restants. Les trois couches de ce traité portent 2,25 milliards au-dessus des 100 millions du pool, donc jusqu'à 2,35 milliards, et une couverture collective de débordement d'un milliard s'y ajoute. Deux bornes tiennent le reste. La pollution par hydrocarbures est plafonnée à un milliard par navire et par événement. Et le traité commun exclut la cyberattaque malveillante : au-delà du pool, une marée noire née d'une prise de contrôle informatique du navire ne trouverait pas le marché de réassurance derrière les clubs. Cas daté : après l'échouement du Wakashio à Maurice le 25 juillet 2020 et la fuite du 6 août, le Japan P&I Club a traité les demandes de pollution ; l'armateur a invoqué le plafond de la convention de limitation de 1996, environ 18 millions de dollars, quand les autorités mauriciennes chiffraient le préjudice bien au-delà.
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