Défaut de la Zambie (2020)
En novembre 2020, la Zambie laisse expirer le délai de grâce d'un coupon de 42,5 millions de dollars sur un eurobond : premier défaut souverain africain de la pandémie, réglé en près de quatre ans dans le cadre commun du G20.
Le 14 octobre 2020, Lusaka ne paie pas un coupon de 42,5 millions de dollars sur son eurobond à échéance 2024. Les porteurs ont refusé la suspension de six mois demandée, faute de voir clair dans ce que le pays devait aux prêteurs chinois, et le délai de grâce de trente jours expire le 13 novembre : premier défaut souverain africain depuis le début de la pandémie. La Zambie devait environ 3 milliards de dollars sur trois eurobonds, mais l'essentiel de sa dette extérieure était bilatérale ou due à des banques, et la Chine en tenait la plus grosse part. Le pays demande un traitement au titre du cadre commun du G20 au début de 2021. Le comité des créanciers officiels, co-présidé par la Chine et la France, ne se réunit qu'en juin 2022, après l'élection de Hakainde Hichilema ; le FMI approuve en août 2022 une facilité élargie de crédit d'environ 1,3 milliard de dollars. L'accord sur 6,3 milliards de dette officielle est annoncé en juin 2023, au sommet de Paris, et signé en octobre. Un premier accord avec les porteurs d'eurobonds est rejeté en novembre 2023 par les créanciers officiels, qui le jugent plus doux que l'effort demandé aux États : la comparabilité de traitement, pour une fois, appliquée à la lettre. Le second, assorti de clauses contingentes liées à la capacité d'endettement du pays, aboutit en 2024, et l'échange de titres se règle en juin. Pour le souscripteur, la Zambie a servi d'étalon. Une police de non-honoration sur un prêt garanti par l'État indemnise après le délai d'attente, mais la récupération de l'assureur subrogé dépend de la décote et du calendrier d'une négociation politique qui a duré près de quatre ans. Les agences publiques qui avaient indemnisé leurs exportateurs, elles, se sont retrouvées dans le traitement des créanciers officiels.
Cas d'école : une banque prête 50 millions de dollars à une entreprise publique zambienne, sous garantie inconditionnelle de l'État, et assure 90 % du risque en non-honoration avec un délai d'attente de 180 jours. L'échéance du 1er décembre 2020, 5 millions de principal et 1,25 million d'intérêts, n'est payée ni par l'emprunteur ni par l'État. Le 30 mai 2021, délai écoulé, l'assureur verse 90 % de 6,25 millions, soit 5 625 000 dollars ; la banque garde 625 000 dollars à sa charge. Chaque échéance impayée suivante prend le même chemin, et l'assureur, subrogé à hauteur de ses paiements, attend pour récupérer ce que la restructuration accordera aux créanciers de même rang.
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