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Restructuration de la dette du Ghana (2022-2024)

Restructuration ouverte par l'échange de dette domestique de décembre 2022 et la suspension du service de la dette extérieure le 19 décembre 2022, menée sous le cadre commun du G20 et close par l'échange des euro-obligations en 2024.

Définition

Le 5 décembre 2022, Accra lance son programme d'échange de dette domestique, le DDEP. Les obligations en cédis détenues par les banques, les assureurs et les investisseurs locaux sont échangées contre de nouveaux titres à échéances 2027 à 2038, aux coupons nettement réduits : 5 % en 2023, puis un taux unique par titre, pour un coupon effectif de l'ordre de 9 %. Le 19 décembre, le ministère des Finances suspend, à titre de mesure intérimaire, le service de l'essentiel de la dette extérieure : euro-obligations, prêts commerciaux, la plus grande part de la dette bilatérale. L'inflation dépasse alors 50 %, et le cédi a été l'une des monnaies les plus dépréciées de l'année. L'échange domestique se clôt en février 2023, avec une participation d'environ 85 %. Les fonds de pension, sortis du premier tour après les protestations des retraités, passent par une opération distincte dans l'année. Le FMI approuve le 17 mai 2023 une facilité élargie de crédit de 3 milliards de dollars. Côté extérieur, le Ghana demande le cadre commun du G20 ; un comité de créanciers officiels coprésidé par la Chine et la France arrive à un accord de principe en janvier 2024. Les porteurs des quelque 13 milliards de dollars d'euro-obligations acceptent en juin un échange bouclé en octobre, au choix entre une option à décote nominale de 37 % et une option au pair à coupon de 1,5 %, pour une réduction d'environ 5 milliards de dollars de nominal. Le cas se distingue par l'ordre des sacrifices. L'État a fait payer ses banques avant ses créanciers étrangers, entamant leurs fonds propres au moment même où elles portaient ses titres, et la Banque du Ghana a passé de lourdes pertes sur ses propres avoirs. Pour un souscripteur de caution ou de crédit, une garantie émise par une banque ghanéenne en 2023 valait ce que valait son bilan, chargé de dette d'État restructurée. Le risque de la banque locale et le risque souverain se confondent alors, et se comptent ensemble dans la limite pays.

Ses 7 renvois, tissés sur les 18 catégories du glossaire
Restructuration de la dette du Ghana (2022-2024) : illustration de la fiche Finance du glossaire AlgoPolis
Exemple

Cas d'école aux conditions simplifiées : une banque d'Accra détient 2 milliards de cédis d'obligations d'État à 19 %. L'échange les remplace, au même nominal, par des titres à 5 % la première année et à 9 % ensuite. Elle perd 280 millions de cédis d'intérêts la première année, puis 200 millions par an. La même banque avait contre-garanti une garantie de restitution d'acompte de 5 millions de dollars, émise par une banque européenne au profit d'un acheteur européen, pour le compte d'un fournisseur ghanéen. Le fournisseur ne livre pas, l'acheteur appelle, la banque européenne paie, puis appelle la contre-garantie : elle se retourne contre un établissement dont les fonds propres sortent de l'échange et qui doit trouver 5 millions de dollars.

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Termes associés
Également connu sous

défaut du Ghana, DDEP ghanéen, échange de dette domestique du Ghana, suspension de la dette ghanéenne, eurobonds ghanéens

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