Dette cachée (affaire des thons mozambicains)
Emprunts garantis par un État mais dissimulés à ses créanciers, à son parlement et au FMI, dont la révélation provoque une crise de confiance et souvent un défaut.
La soutenabilité d'une dette souveraine se juge sur ce que l'État déclare devoir. Une dette cachée fausse ce jugement : des entreprises publiques empruntent auprès de banques avec la garantie de l'État, sans que la garantie soit autorisée ni publiée. Tant que l'emprunt reste secret, les investisseurs et le FMI surestiment la solvabilité du pays. Sa révélation fait tout basculer à la fois : suspension des programmes d'aide, dégradation des notes, défaut, puis procès contre les banques arrangeuses et les intermédiaires. Pour les assureurs de crédit et de risque politique, le cas montre que la déclaration de la dette publique n'est pas une donnée fiable par nature, et que la corruption dans le montage peut rendre une garantie souveraine contestable devant les tribunaux.
En 2013 et 2014, trois entreprises publiques mozambicaines ont emprunté environ 2 milliards de dollars, dont 850 millions d'obligations pour une flotte de pêche au thon, en partie sans l'autorisation du parlement. La révélation d'avril 2016 a conduit le FMI et les bailleurs à suspendre leur soutien, puis le pays au défaut. En octobre 2021, Credit Suisse a accepté de payer environ 475 millions de dollars aux autorités américaines et britanniques.
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