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Dévaluation monétaire (risque politique)

Baisse brutale de la valeur d'une monnaie, décidée ou subie par l'État. La garantie d'inconvertibilité ne l'indemnise jamais : elle relève du risque de change.

Définition

Le 6 mars 2024, la banque centrale d'Égypte laisse flotter la livre : elle passe dans la journée d'environ 30,9 à environ 49,5 livres pour un dollar. Neuf mois plus tôt, en juin 2023, le Nigeria avait réunifié ses taux de change, et le naira avait perdu plus de 40 % sur le seul mois. Dans les deux cas, l'État décide, et la monnaie perd d'un coup ce que le marché parallèle lui retirait déjà depuis des mois. La dévaluation, au sens du risque politique, c'est cette baisse de valeur imputable à une décision publique : abandon d'un ancrage, unification de taux multiples, flottement imposé par un programme du FMI. Pour un souscripteur de risque politique, le point de friction est toujours le même. La garantie inconvertibilité et non-transfert indemnise l'impossibilité de convertir la monnaie locale ou de la sortir du pays ; elle ne paie jamais la perte de valeur. Un investisseur qui convertit ses dividendes à 49,5 au lieu de 30,9 a perdu près de 40 % en dollars, et sa police CPRI ne lui doit rien, puisque la conversion a eu lieu. La plupart des libellés le disent en toutes lettres, avec une exclusion de la dépréciation ou de la dévaluation. Ce risque se couvre sur les marchés financiers (contrats à terme, options, prêts en monnaie locale), quand ces marchés existent, ce qui est rarement le cas pour les monnaies qui dévaluent. La nuance tient au calendrier : la dévaluation suit souvent une période de pénurie de devises. C'est pendant cette pénurie, quand les virements attendent des mois à la banque centrale, que la garantie inconvertibilité peut jouer. À ne pas confondre avec le contrôle des capitaux, qui bloque les sorties de devises sans toucher au cours officiel, et qui ouvre, lui, la discussion sur le non-transfert.

Ses 6 renvois, tissés sur les 18 catégories du glossaire
Dévaluation monétaire (risque politique) : illustration de la fiche Risques spéciaux du glossaire AlgoPolis
Exemple

Cas d'école : une filiale égyptienne doit remonter 300 millions de livres de dividendes début 2024. En janvier, la banque centrale ne sert pas les devises : la demande attend, et si l'attente dépasse le délai de carence de la police, la garantie de non-transfert peut être appelée. Le 6 mars, la livre flotte et les devises reviennent. Le virement part au nouveau cours : environ 6,1 millions de dollars au lieu de 9,7 millions. L'écart, près de 3,6 millions de dollars, reste entièrement à la charge de l'investisseur.

À lire ensuite
Sources
  • Banque centrale d'Égypte, communiqué du 6 mars 2024 (flottement de la livre)
Termes associés
Également connu sous

dévaluation monétaire, dévaluation de la monnaie, flottement de la monnaie, dépréciation monétaire, risque de dévaluation

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