Directive sur la violation des mesures restrictives de l'Union (2024)
Directive de 2024 qui harmonise dans toute l'Union la définition pénale des violations de sanctions et les peines applicables aux personnes physiques et morales, y compris le contournement.
Jusqu'en 2024, les sanctions européennes étaient décidées à l'échelle de l'Union mais leur violation était punie par chaque État membre selon son propre droit : certains la traitaient comme un délit grave, d'autres comme une infraction administrative, et les peines variaient considérablement. Cette hétérogénéité offrait des failles aux contournements. La directive (UE) 2024/1226 du 24 avril 2024 harmonise le régime. Elle définit les comportements constitutifs d'infractions pénales lorsqu'ils sont intentionnels : mettre des fonds à disposition d'une personne désignée, ne pas geler des avoirs, commercer avec des biens interdits, fournir des services financiers ou d'assurance prohibés, et contourner les mesures, notamment par des montages dissimulant le bénéficiaire. Certaines violations sont aussi punissables en cas de négligence grave pour les biens militaires. Elle fixe des peines minimales, peines d'emprisonnement pour les personnes physiques, amendes pouvant être calculées en pourcentage du chiffre d'affaires mondial pour les personnes morales. Les États devaient la transposer en 2025. Pour l'assurance, elle a une double portée. Les assureurs sont eux-mêmes exposés, puisque fournir une couverture à une personne sanctionnée est une infraction. Et elle rend plus sensible l'assurance des dirigeants : une amende pénale n'est pas assurable, et les frais de défense deviennent le cœur de la garantie.
Cas d'école : un transitaire néerlandais organise des expéditions de composants électroniques vers la Russie par une société écran turque. Poursuivi après transposition de la directive, due au 20 mai 2025, il encourt une amende calculée sur son chiffre d'affaires mondial ; la police de responsabilité de ses dirigeants ne couvre que leurs frais de défense.
directive (UE) 2024/1226, pénalisation des violations de sanctions, sanctions violation directive
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.