Double déclencheur
Mécanisme qui subordonne un paiement à la réalisation simultanée de deux conditions, en général un événement de marché ou un paramètre et une perte réelle de l'assuré, pour limiter le risque de base tout en gardant la rapidité d'un indice.
Un déclencheur unique fondé sur un indice a deux qualités, rapidité et absence de contentieux, et un défaut, le risque de base : l'acheteur peut subir une perte sans que l'indice ne se déclenche, ou recevoir un paiement sans avoir rien perdu. Un déclencheur fondé sur la seule perte réelle a les qualités et défauts inverses. Le double déclencheur combine les deux. Le paiement n'est dû que si un paramètre objectif franchit un seuil et si l'assuré a effectivement subi une perte. Trois usages dominent. En énergie, un producteur est payé si une centrale tombe en panne pendant que le prix de marché de l'électricité dépasse un seuil, parce que c'est la conjonction qui le ruine : il doit alors acheter au prix fort l'électricité qu'il s'était engagé à livrer. En réassurance, une garantie de perte sectorielle exige souvent que l'acheteur prouve une perte propre en plus du franchissement de l'indice, ce qui maintient le contrat dans le champ de l'assurance. En finance d'entreprise, une couverture peut exiger à la fois une catastrophe et une baisse du chiffre d'affaires. L'exigence d'une perte réelle a aussi une fonction juridique : elle établit l'intérêt assurable, qui distingue un contrat d'assurance d'un pari ou d'un dérivé.
Cas d'école : un producteur d'électricité achète une couverture qui paie 5 millions d'euros si sa centrale principale est à l'arrêt plus de 72 heures pendant que le prix de gros dépasse 300 euros le mégawattheure. Une panne en plein pic de froid réunit les deux conditions ; une panne en période de prix bas n'aurait rien déclenché.
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