Catastrophe du Rena (2011)
Échouement d'un porte-conteneurs sur le récif d'Astrolabe en Nouvelle-Zélande, devenu l'exemple d'un enlèvement d'épave coûtant des centaines de millions alors que la responsabilité limitée de l'armateur restait d'une dizaine de millions.
Le Rena, porte-conteneurs sous pavillon libérien, s'est échoué à pleine vitesse sur le récif d'Astrolabe, au large de Tauranga, le 5 octobre 2011, puis s'est brisé en deux. Le fioul et des centaines de conteneurs se sont répandus sur la baie de Plenty, dans la pire pollution maritime du pays. L'affaire illustre l'écart entre les deux régimes qui encadrent un armateur. Pour les créances ordinaires de tiers, il peut constituer un fonds de limitation calculé sur le tonnage, de l'ordre de quelques millions. Mais l'enlèvement de l'épave, l'assistance et la dépollution exigées par l'État relèvent de la couverture de son club P&I, et ce coût échappe largement au plafond. Le problème est politique autant que juridique : faut-il exiger le retrait complet d'une épave, à un prix sans rapport avec le bénéfice écologique, ou accepter qu'une partie reste sur le récif ? La Nouvelle-Zélande a finalement autorisé le maintien d'une partie de l'épave en 2016.
En octobre 2012, l'armateur Daina Shipping a transigé avec l'État néo-zélandais pour 27,6 millions de dollars néo-zélandais, plus 10,4 millions si une partie de l'épave était laissée en place, alors que son fonds de limitation pour les autres créanciers avait été fixé à environ 11 millions ; à cette date, l'armateur estimait à 300 millions de dollars néo-zélandais les sommes déjà engagées pour l'assistance, avant même le retrait de l'épave.
Rena, MV Rena, naufrage du Rena, récif d'Astrolabe
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