Explosion du port de Beyrouth (2020)
Explosion d'environ 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium stockées depuis 2014 dans le port de Beyrouth, le 4 août 2020 : plus de 200 morts et des pertes assurées estimées à quelques milliards de dollars.
Le 4 août 2020, en fin d'après-midi, un incendie dans un entrepôt du port de Beyrouth atteint environ 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium déchargées du Rhosus en 2014 et jamais réexpédiées. L'explosion tue plus de 200 personnes, rase le port et une partie des quartiers voisins. Les premières estimations du marché ont placé les pertes assurées autour de 3 à 4 milliards de dollars, un ordre de grandeur plus qu'un chiffre, tant le règlement a été lent. Le sinistre touche toutes les lignes à la fois. Les facultés en transit ou stockées sur le port, dont une part des réserves de céréales du pays. Les corps des navires à quai, dont un paquebot coulé le long du quai. Les installations portuaires et les bâtiments de la ville, en dommages aux biens, avec leur perte d'exploitation. Puis la responsabilité, sans débiteur solvable évident. La question qui a bloqué les règlements est celle de la cause. Les polices de dommages et les polices marine excluent la guerre et, souvent, le terrorisme ; un accident de stockage, lui, est couvert. Tant que l'enquête ne tranchait pas entre négligence et acte délibéré, les assureurs pouvaient réserver leur position, et l'enquête judiciaire libanaise a été suspendue à plusieurs reprises. En pratique, c'est à l'assureur qui invoque l'exclusion d'en prouver le fait, et beaucoup ont fini par régler. S'y ajoute la sous-assurance : une grande partie du bâti n'était pas assurée, et la crise monétaire libanaise faisait qu'une indemnité en livres valait très peu de chose face à des réparations payées en dollars. Le cas rejoint Tianjin en 2015 sur la leçon de cumul : un port concentre des marchandises que chaque assureur facultés souscrit expédition par expédition, sans voir le total posé sur le même quai. À ne pas confondre avec une explosion terroriste au sens des pools publics : aucun mécanisme national de ce type ne couvrait le Liban.
Cas d'école sur la charge de la preuve : un négociant a 5 millions de dollars de blé en silo sur le port, assuré en facultés avec extension stockage, exclusion guerre et terrorisme. L'assureur réserve sa position en attendant l'enquête. Deux ans plus tard, aucune conclusion n'établit d'acte délibéré : l'exclusion ne peut pas être prouvée, la perte relève de l'incendie suivi d'explosion, et les 5 millions sont dus, moins la franchise. Le négociant a pourtant porté pendant deux ans le coût de ses lignes de crédit sur un stock détruit.
explosion de Beyrouth, explosion du 4 août 2020, nitrate d'ammonium de Beyrouth, cargaison du Rhosus, hangar 12 de Beyrouth
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.