Fermeture de la galerie Knoedler (2011)
Fondée à New York en 1846, la galerie Knoedler ferme fin novembre 2011 après avoir vendu pendant une quinzaine d'années une quarantaine de faux expressionnistes abstraits, pour environ 80 millions de dollars.
Fin novembre 2011, la galerie Knoedler, ouverte à New York en 1846 et l'une des plus anciennes du pays, ferme du jour au lendemain. Pendant une quinzaine d'années, une marchande, Glafira Rosales, lui avait apporté une quarantaine de toiles présentées comme des Rothko, des Pollock et des Motherwell inconnus, issues d'un collectionneur anonyme. Elles avaient été peintes dans un garage du Queens. La galerie les a revendues pour environ 80 millions de dollars. Le procès intenté par Domenico De Sole, qui avait payé 8,3 millions un « Rothko », s'est réglé par transaction en février 2016, en pleine audience. Pour le marché de l'assurance, l'affaire déplace le sinistre. L'acheteur n'a rien perdu de matériel : la toile est intacte, c'est l'attribution qui s'effondre, et la police beaux-arts, qui exclut l'authenticité, ne paie pas. Le recours vise donc le vendeur, sur la garantie d'authenticité donnée dans la facture ou implicite, et sur la faute professionnelle. Côté marchand, la RC professionnelle d'une galerie couvre l'erreur d'attribution faite de bonne foi, dans sa limite par sinistre et en cumul annuel ; elle exclut presque toujours la fraude ou la connaissance du faux, et l'assureur plaide alors que le marchand ne pouvait ignorer une provenance aussi mince. Quarante réclamations sur le même fournisseur peuvent aussi être traitées comme un seul sinistre en série, sous une seule limite. Les couvertures de titre et d'authenticité achetées par certains collectionneurs sont nées de ce genre de dossiers. À ne pas confondre avec l'affaire Beltracchi, où le faussaire inventait lui-même la provenance des œuvres, sans grande galerie complice au centre du circuit.
Cas d'école : une galerie porte une RC professionnelle de 10 millions de dollars par sinistre et en cumul annuel. Trois acheteurs réclament le remboursement de faux achetés 8,3, 4 et 2,5 millions, soit 14,8 millions. Si l'assureur retient un sinistre en série, il paie au plus 10 millions et la galerie doit trouver 4,8 millions sur ses fonds. S'il prouve que le dirigeant savait, l'exclusion de fraude joue et il ne paie rien.
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