Fuite de sinistres (claims leakage)
Écart entre ce qu'un assureur a réellement payé sur ses sinistres et ce qu'il aurait dû payer avec une gestion optimale, par surévaluation, recours oubliés, fraude non détectée ou lenteur.
La fuite de sinistres désigne la part des paiements qui n'aurait pas dû avoir lieu si les dossiers avaient été gérés de façon optimale. Elle ne résulte pas d'une erreur de souscription mais d'une défaillance de gestion, et ses sources sont connues : indemnisation au-delà de ce que la police prévoit, franchise ou sous-limite non appliquée, recours contre le tiers responsable non exercé, fraude non détectée, expertise mal pilotée, frais de réparation ou d'avocat non négociés, lenteur qui alourdit la perte d'exploitation ou les intérêts. Elle se mesure par des audits de dossiers clôturés, qui comparent le règlement effectif au règlement techniquement justifié, et les estimations courantes la situent entre quelques points et une dizaine de pour cent de la charge de sinistres selon les branches. Pour un assureur, c'est un gisement de rentabilité considérable, puisque chaque point de fuite réduit se retrouve directement dans le ratio combiné. Pour un réassureur ou un apporteur de capital, c'est un risque de contrepartie discret, qui justifie les clauses d'accès aux dossiers et les audits des gestionnaires délégués. Les outils d'analyse automatisée des dossiers sont aujourd'hui l'un des usages les plus rentables de l'intelligence artificielle en assurance.
Cas d'école : un audit de 500 dossiers automobiles clôturés révèle que 12 pour cent comportaient un recours non exercé contre l'assureur du tiers responsable, et 8 pour cent une réparation facturée au-delà du barème. Rapportée à une charge annuelle de 200 millions d'euros, la fuite ainsi mesurée représente environ 10 millions, soit cinq points de ratio de sinistralité.
claims leakage, surcoût évitable de gestion des sinistres, leakage
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