Instrument anti-coercition de l'Union européenne
Règlement de 2023 qui permet à l'Union de riposter, par des restrictions commerciales, financières ou d'accès aux marchés publics, à un pays tiers qui fait pression sur elle ou un État membre par des mesures économiques.
Un État peut chercher à infléchir la politique d'un autre sans recourir à la force, en bloquant ses exportations, en boycottant ses entreprises ou en retardant ses dédouanements. En 2021, après l'ouverture à Vilnius d'un bureau de représentation portant le nom de Taïwan, la Lituanie a ainsi vu ses exportations vers la Chine s'effondrer, et des entreprises d'autres États membres ont été incitées à retirer les composants lituaniens de leurs produits. L'Union ne disposait d'aucun outil adapté. Le règlement (UE) 2023/2675, entré en vigueur fin décembre 2023, en crée un. La Commission examine si un pays tiers exerce une coercition économique ; le Conseil le constate à la majorité qualifiée ; l'Union engage d'abord un dialogue, puis peut adopter des mesures de riposte : droits de douane, restrictions à l'importation ou à l'exportation, limitation de l'accès aux marchés publics, restrictions dans les services, y compris financiers, ou dans la propriété intellectuelle. L'instrument a d'abord une fonction dissuasive : sa seule existence doit décourager la pression. Pour l'assurance, il ajoute une couche au risque politique des échanges commerciaux. Une entreprise européenne peut être prise entre la coercition d'un pays tiers et la riposte de l'Union, et voir ses flux ou ses paiements bloqués d'un côté comme de l'autre, ce qui intéresse l'assurance-crédit et les couvertures de non-transfert.
Cas d'école : un pays tiers bloque pendant des mois les importations de vins d'un État membre après une décision diplomatique qui lui déplaît. Un négociant bordelais voit ses créances sur des importateurs de ce pays devenir irrécouvrables ; son assureur-crédit examine si le blocage relève du risque politique couvert par sa police.
règlement (UE) 2023/2675, anti-coercion instrument, ACI, coercition économique
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.