Marché ouvert (open market)
Voie de placement où le courtier présente chaque risque un à un à un apériteur puis à des suiveurs, par opposition aux affaires déléguées des binders et des coverholders.
Au 1 Lime Street, dans le bâtiment de Richard Rogers ouvert en 1986, le courtier s'assoit au box d'un souscripteur avec un MRC, le Market Reform Contract qui a pris la suite du vieux slip, et lui demande de mener le risque. C'est le marché ouvert : chaque risque se place seul, présenté par un courtier, discuté, tarifé et signé. L'apériteur fixe les termes et le taux, écrit sa ligne et appose son stamp ; le courtier cherche ensuite des suiveurs, au Lloyd's ou chez les compagnies de la place, jusqu'à 100 % ou davantage, et réduit les lignes à la signature si le placement est sursouscrit. Le prix se fait donc chez le lead, sur la qualité du dossier et sur l'expérience de son équipe dans la classe. Les suiveurs prennent ou laissent, et leur marge de manœuvre tient surtout à la taille de leur ligne. L'autre voie, ce sont les affaires déléguées : binders, coverholders, line slips, consortiums, par où entrent des milliers de petits risques qu'aucun souscripteur de Lime Street ne voit un à un. Selon la Corporation, cette seconde voie pesait en 2024 environ 39 % de la prime du Lloyd's, service companies non comprises, et davantage en les comptant ; le reste passe par le marché ouvert, réassurance comprise. Le marché ouvert garde les risques lourds, atypiques ou nouveaux, une tour cyber de plusieurs centaines de millions ou un satellite en orbite basse. Il coûte cher en temps de courtier et en questions répétées de box en box, ce que la modernisation du marché cherche à réduire depuis des années. À ne pas confondre avec le marché suiveur, qui désigne la place d'un souscripteur dans un placement, ni avec la ligne souscrite et signée, qui en est le résultat chiffré.
Cas d'école : un risque de 20 millions d'euros est placé en marché ouvert. L'apériteur écrit 20 %, quatre suiveurs écrivent 30 %, 25 %, 25 % et 25 %. Les lignes écrites totalisent 125 % : le courtier les signe toutes au prorata de 100/125, soit 80 % de chaque ligne. L'apériteur signe 16 % (3,2 millions d'euros), le premier suiveur 24 % (4,8 millions), les trois autres 20 % chacun (4 millions). Total : 16 + 24 + 20 + 20 + 20 = 100 %, soit 20 millions. Le taux, lui, est resté celui de l'apériteur pour tout le monde.
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