Courtier accrédité du Lloyd's (Lloyd's broker)
Le courtier que la Corporation du Lloyd's a accrédité, et la porte ordinaire pour présenter un risque aux syndicats ; les autres passent le plus souvent par lui, par un coverholder ou par une société de service.
Un courtier de Lyon reçoit d'un industriel une demande de garantie de risque politique sur une usine en Afrique de l'Ouest. Le marché qui écrit ce risque est à Lime Street, mais aucun syndicat ne prendra la soumission directement de lui : il n'est pas accrédité. Il la confie à un courtier londonien qui l'est, qui la présente au box, et les deux se partagent le courtage. Le Lloyd's reçoit l'essentiel de ses affaires de courtiers qu'il a accrédités ; une agence de gestion peut aussi traiter avec ses coverholders, ses propres sociétés de service, l'assuré en direct ou un intermédiaire qui remplit les critères du Council. L'accréditation est donnée par la Corporation, sur dossier, puis revue. Elle demande un agrément du régulateur, la FCA à Londres ou son équivalent à l'étranger, des fonds propres et une assurance de responsabilité professionnelle suffisants, des règles de détention des primes, des contrôles de sanctions et de criminalité financière, et des systèmes branchés sur la comptabilité et le règlement centraux du marché. Avec chaque agence, le courtier signe un terms of business agreement, qui dit notamment si une prime remise au courtier vaut paiement à l'assureur. Ce point pèse le jour où un courtier tombe avec des primes dans ses comptes. Les accrédités se comptent par centaines, de plus en plus souvent établis hors du Royaume-Uni. Le courtier reste en principe le mandataire de l'assuré, même quand il prépare tous les documents de la place, contrat et données. Les autres portes existent : le courtier grossiste accrédité qui sert de relais, le coverholder qui engage le syndicat par délégation, la société de service d'une agence. Chaque relais ajoute un courtage et un délai, et l'assuré paie la chaîne. À ne pas confondre avec le coverholder, qui engage le syndicat, ni avec le courtier grossiste, qui se définit par sa clientèle de courtiers et non par une accréditation.
Cas d'école : prime brute de 400 000 dollars, courtage total de 25 %, soit 100 000 dollars. Le courtier local en garde 60 %, 60 000 dollars ; le courtier accrédité 40 %, 40 000 dollars. Les syndicats reçoivent 400 000 − 100 000 = 300 000 dollars nets. Le leader, à 30 %, en touche 90 000 ; les suiveurs se partagent les 210 000 restants. Si le risque avait été souscrit par un coverholder local sous binder, la chaîne aurait compté un intermédiaire de moins, mais une commission de délégation en plus.
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