Module de risque de spread
Sous-module du SCR de marché qui applique à chaque actif de crédit un choc fonction de sa notation et de sa duration, et dont le calibrage produit des effets d'allocation considérables.
Prenez 3 milliards d'euros de placements, moitié en souveraines de la zone euro, moitié en obligations d'entreprises notées A de duration 8 : sous le règlement délégué (UE) 2015/35, toute la charge de spread tombe sur la seconde moitié. La première, exposée aux mêmes écartements qu'en 2011 et 2012, n'entre pas dans le calcul. Le module chiffre la perte de valeur d'un portefeuille de crédit sous un écartement instantané des spreads, calibré au centile de 99,5 % à un an. La mécanique est volontairement frustre : un facteur de choc lu dans un tableau selon l'échelon de qualité de crédit et la duration modifiée, appliqué à la valeur de marché de chaque ligne. Ce calibrage se lit dans les bilans. Le choc croît avec la duration, ce qui renchérit le long et pousse vers des maturités plus courtes que le passif, contre l'adossement. Il croît fortement quand la note se dégrade, d'où la concentration sur les échelons intermédiaires et la rareté du haut rendement. Le choc nul sur les souverains de l'Espace économique européen en devise nationale est une exception politique assumée, que les superviseurs eux-mêmes discutent depuis des années.
Règlement délégué (UE) 2015/35, article 176 : pour l'échelon de qualité de crédit 2, la note A, le choc vaut 7,0 % plus 0,7 % par année de duration au-delà de cinq. À duration 8, c'est 9,1 %. Sur les 1,5 milliard d'obligations d'entreprises du portefeuille qui ouvre cette fiche, la charge de spread brute ressort à 136,5 millions d'euros ; sur les 1,5 milliard de souveraines de la zone euro, à zéro. Ramener la duration des entreprises à 5 abaisse le choc à 7,0 %, soit 105 millions : voilà l'incitation à sortir de l'adossement.
- Règlement délégué (UE) 2015/35, article 176, paragraphe 3 (Single Rulebook de l'EIOPA)
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