Mortalité différentielle (selon le revenu)
Écart de mortalité entre groupes sociaux, de revenu ou de diplôme : il fait que les acheteurs de rentes vivent plus longtemps que la population, et qu'une table moyenne sous-estime leur longévité.
Une table de mortalité nationale mélange des populations dont la longévité diffère beaucoup selon le revenu, le diplôme ou la profession. Or ceux qui achètent une rente ou disposent d'une retraite supplémentaire sont en moyenne plus aisés, donc vivent plus longtemps : appliquer la table générale à leur portefeuille sous-estimerait l'engagement. Les assureurs corrigent l'écart par des tables d'expérience, des abattements par catégorie, ou, au Royaume-Uni, par des rentes majorées pour les assurés en mauvaise santé ou modestes. Le phénomène pose aussi une question d'équité : un régime de retraite à âge unique transfère des ressources des groupes à vie courte vers les groupes à vie longue. Mesurer l'écart et sa dérive est donc un enjeu à la fois de tarification et de politique sociale.
En février 2018, l'Insee a publié que, sur 2012-2016, l'espérance de vie à la naissance des hommes atteignait 84,4 ans parmi les 5 % les plus aisés (niveau de vie moyen de 5 800 euros par mois) contre 71,7 ans parmi les 5 % les plus modestes (470 euros par mois), soit 13 ans d'écart ; chez les femmes, l'écart était de 8 ans. À diplôme égal, l'espérance de vie continuait de croître avec le niveau de vie.
inégalités d'espérance de vie, gradient social de mortalité, socioeconomic mortality gap
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