Naufrage du Costa Concordia (2012)
Paquebot échoué devant l'île du Giglio le 13 janvier 2012 : 32 morts, une perte totale en corps et un enlèvement d'épave d'un milliard de dollars et plus. C'est le plus gros sinistre P&I de son temps.
Le 13 janvier 2012 au soir, le Costa Concordia passe trop près de l'île du Giglio, en Toscane, et s'ouvre la coque sur un rocher. Il finit couché sur le flanc à quelques dizaines de mètres du port. Plus de 4 200 personnes sont à bord ; 32 meurent. Le navire est une perte totale pour les assureurs corps dès les premiers jours, et c'est la partie la plus simple du dossier. Le reste tient à l'endroit. Une épave de près de 115 000 tonneaux de jauge, posée sur un fond en pente, dans un parc marin, devant un village : l'État italien exige qu'elle parte entière, sans découpe sur place. Le redressement par rotation (parbuckling) a lieu les 16 et 17 septembre 2013, le renflouement en juillet 2014, puis le remorquage vers Gênes pour démolition. La facture d'enlèvement d'épave, avec la dépollution, les plateformes sous-marines et la remise en état du fond, est généralement citée autour d'un milliard de dollars et au-delà, sans rapport avec la valeur du navire. C'est le club P&I de l'armateur qui la porte, au titre de l'enlèvement d'épave et des responsabilités envers les passagers et l'équipage. Au-dessus de la rétention du club, le sinistre monte dans le pool de l'International Group, où les treize clubs d'alors se partagent les grosses pertes. Il atteint ensuite le programme de réassurance en excédent de sinistre que le Groupe achète en commun. Le renouvellement de 2013 du programme en a porté la marque. Tous les armateurs adhérents ont payé une forte hausse, y compris ceux qui n'avaient jamais touché un rocher, avec une surcharge particulière sur les navires à passagers. En enlèvement d'épave, le coût dépend du lieu et de l'autorité côtière beaucoup plus que du navire. À ne pas confondre avec le sauvetage maritime, qui sauve un bien encore à flot et se rémunère sur sa valeur ; ici, il n'y avait plus rien à sauver, seulement une obligation de retirer.
Cas d'école sur la structure de la perte. Prenons un enlèvement d'épave de 1 000 millions de dollars, une rétention du club de 10 millions, un pool partagé jusqu'à 100 millions et le programme commun au-delà. Les chiffres sont ronds, pas les seuils réels de 2012. Le club garde 10 millions, le pool absorbe 90 millions répartis entre les treize clubs, et le programme de réassurance porte les 900 millions restants. Le réassureur du programme paie donc 90 % de la perte, mais c'est l'ensemble des armateurs adhérents qui la rembourse ensuite par la hausse de leurs appels de cotisation au renouvellement.
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