Perte en cas de défaut
Part de l'exposition définitivement perdue lorsqu'un débiteur fait défaut, complément du taux de recouvrement, et variable qui se dégrade précisément quand les défauts se multiplient.
Prenez 900 millions d'euros de crédit privé au bilan d'un assureur, arrêtés au 31 décembre 2025. Une récession qui porte le taux de défaut annuel de 1,2 % à 4,5 % et fait tomber le recouvrement de 65 % à 40 % fait passer la perte attendue de 3,8 à 24,3 millions d'euros, soit plus de six fois, quand le taux de défaut seul l'aurait multipliée par 3,75. L'écart vient de la perte en cas de défaut, ce qui ne revient pas au créancier, complément à un du taux de recouvrement. Un défaut laisse souvent au porteur senior garanti une bonne part du nominal, et presque rien au subordonné. Le rang dans la structure de capital explique l'essentiel de la dispersion. Le secteur joue aussi, un actif industriel réutilisable se liquidant mieux qu'un actif immatériel. Le cycle, enfin, est le facteur le plus souvent oublié : les recouvrements chutent quand les défauts s'accumulent, parce que tout le monde vend les mêmes actifs au même moment. Un modèle qui traite probabilité de défaut et perte en cas de défaut comme indépendantes sous-estime donc lourdement la perte de queue, même avec deux paramètres correctement calibrés chacun de leur côté.
Portefeuille de crédit privé de 900 M EUR au bilan d'un assureur, arrêté au 31 décembre 2025. Un scénario de récession portant le taux de défaut annuel de 1,2 % à 4,5 % et le taux de recouvrement de 65 % à 40 % ne multiplie pas la perte par 3,75 mais par plus de six : la perte attendue passe de 3,8 à 24,3 M EUR, et c'est la dégradation simultanée des deux paramètres qui produit l'écart.
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