Principe de proportionnalité
Principe selon lequel les exigences prudentielles s'appliquent selon la nature, l'ampleur et la complexité des risques, et non de manière identique à un groupe international et à une mutuelle locale.
Un régime écrit pour des groupes de plusieurs dizaines de milliards, appliqué à la lettre à une mutuelle de trois cents adhérents, produit un coût de conformité qui excède sa marge et pousse à la concentration sans rien ajouter à la protection des assurés. Le principe de proportionnalité est la soupape. Il ne dispense d'aucune exigence : il en module l'intensité, l'ampleur des travaux, la fréquence des revues, le niveau de détail attendu. Sa faiblesse historique a été son caractère déclaratif, chaque entreprise devant elle-même démontrer au superviseur qu'elle pouvait alléger, démonstration parfois plus coûteuse que l'exigence allégée. La révision de Solvabilité II adoptée début 2025 y répond en créant une catégorie objective d'entreprise à profil de risque faible, définie par des seuils quantitatifs, qui bénéficie d'allègements de plein droit après simple notification plutôt qu'après autorisation. Le principe reste d'interprétation : il se plaide dossier par dossier, et un allègement mal documenté se retourne en constat de carence lors d'un contrôle sur place.
Cas d'école : une mutuelle française de 40 M EUR de primes annuelles, mono-branche, sans activité transfrontalière ni produit à garanties financières, relève typiquement du profil de risque faible. Les allègements portent sur la fréquence de l'ORSA, le contenu du rapport public et le cumul autorisé des fonctions clés, tandis que le calcul du SCR et le respect du MCR restent entiers : la proportionnalité porte sur le deuxième et le troisième pilier, très peu sur le premier.
proportionnalité, proportionality, entreprise à profil de risque faible, low-risk profile undertaking
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