Séisme de Wenchuan (2008)
Séisme de magnitude 7,9 au Sichuan, le 12 mai 2008 : près de 90 000 morts et disparus et environ 85 milliards de dollars de dégâts, pour une perte assurée très inférieure à 1 % : le cas type du déficit de protection.
Le 12 mai 2008 à 14 h 28, un séisme de magnitude 7,9 frappe le comté de Wenchuan, dans les montagnes du Sichuan. Les chiffres officiels comptent près de 70 000 morts et près de 18 000 disparus, des centaines de milliers de blessés, des écoles effondrées qui font la une du monde, et environ cinq millions de bâtiments détruits. Les dégâts économiques sont estimés autour de 85 milliards de dollars. Les pertes assurées se comptent en quelques centaines de millions seulement, moins de 1 % : quasi tout est resté sur les ménages et l'État chinois. La raison est structurelle. En 2008, l'assurance séisme était peu vendue aux particuliers dans les provinces de l'intérieur, les entreprises assurées étaient surtout des filiales étrangères ou des installations côtières, et l'assurance de dommages couvrait peu les infrastructures publiques. Le séisme a servi d'argument à la création, en Chine, d'un projet de régime national d'assurance contre les catastrophes, qui a avancé par étapes, avec une assurance séisme pour les logements ruraux et des pilotes locaux. Pour les réassureurs, il a montré l'écart entre l'exposition économique et l'exposition assurée dans les marchés émergents : le risque de perte est grand, mais la perte à réassurer est petite, et la croissance du marché est le vrai facteur.
Cas d'école. Réassureur mondial avec 2 Md USD de capacité cat sur la Chine. Séisme de 85 Md USD de dégâts, perte à son compte de 40 M USD, sans commune mesure avec ce qu'un ouragan de Floride de même ampleur lui aurait coûté. Mais le réassureur calcule que si le taux de pénétration passait de 1 % à 10 % en cinq ans, un séisme comparable lui coûterait 400 M USD, et il révise ses cumuls de zone et ses tarifs d'avance.
Wenchuan, séisme du Sichuan, séisme de Wenchuan 2008, tremblement de terre du Sichuan
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.