Seuil de sinistre grave
Montant au-delà duquel un sinistre est traité à part, en gestion, en tarification et en provisionnement, parce que sa sévérité obéit à une autre loi que celle des sinistres courants et que le mélanger à eux fausse toutes les statistiques.
Tous les sinistres ne se ressemblent pas. La plupart sont fréquents et de faible montant ; quelques-uns, rares, atteignent des montants cent ou mille fois supérieurs. Les assureurs fixent donc un seuil au-delà duquel un sinistre est qualifié de grave et traité selon des règles propres. En gestion, il est confié à des gestionnaires expérimentés, suivi par la direction, signalé aux réassureurs dans des délais convenus. En tarification, les sinistres graves sont écrêtés au seuil dans l'analyse de la sinistralité courante, puis leur coût est réintroduit par un chargement calculé sur une base plus large, souvent l'ensemble du marché ou une longue période, parce que leur survenance dans un segment donné relève largement du hasard. En provisionnement, ils sont évalués dossier par dossier, et leur développement tardif suit un profil différent. Le choix du seuil résulte d'un arbitrage : trop bas, il écarte une partie significative de la sinistralité courante ; trop haut, il laisse des sinistres exceptionnels déformer les tarifs. Les méthodes de la théorie des valeurs extrêmes aident à le situer, en repérant le point à partir duquel la distribution des montants prend la forme d'une queue épaisse.
Cas d'école : un assureur automobile fixe son seuil de sinistre grave à 150 000 euros. Ces sinistres représentent 0,3 pour cent du nombre mais 25 pour cent de la charge. Dans le tarif, chaque zone est analysée sur les sinistres écrêtés à 150 000 euros, puis reçoit un chargement uniforme pour les graves, pour éviter qu'un seul accident corporel ne fasse bondir la prime d'une commune.
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