Sinistres clos sans suite
Sinistres déclarés, ouverts puis fermés sans aucun paiement, dont la part à chaque âge fausse les nombres et les coûts moyens si on la mélange aux dossiers payés.
Vendredi soir, un assuré cyber en base réclamation reçoit une alerte de son prestataire de sécurité et prévient l'assureur, parce que la police l'exige et qu'une déclaration de circonstances tardive peut lui coûter la garantie. Le lundi, l'analyse conclut à une tentative bloquée ; le dossier, ouvert, codé, parfois provisionné d'un forfait, est fermé sans un euro payé. C'est un sinistre clos sans suite, closed without payment dans les tableaux anglo-saxons, CWP pour les actuaires : une déclaration ouverte, puis fermée sans un seul paiement. La part de ces dossiers par âge est une information à part entière. Elle se suit en nombres, en triangle, à côté des clos avec paiement, parce qu'un coût moyen calculé sur tous les clos mélange deux populations. Quand la part des sans suite monte, le coût moyen baisse sans que la gravité des sinistres payés ait changé, et une méthode fréquence fois coût moyen projette alors une charge trop basse. L'inverse arrive quand une politique de souscription décourage les notifications de précaution. Le cyber pousse le phénomène plus loin que la plupart des branches, avec des clauses de notification larges et des assurés que les obligations du RGPD rendent prudents. L'automobile et la responsabilité civile ont aussi leurs sans suite, souvent clos tard. Et un clos sans suite n'est pas toujours définitif : une réclamation de tiers peut rouvrir le dossier deux ans après. Le provisionnement en tient compte par un taux de réouverture, ou par un IBNER sur les clos récents. À ne pas confondre avec le taux de clôture, qui compte tous les clos, ni avec la réouverture de dossier, qui en est la suite possible.
Cas d'école : un portefeuille cyber a 150 dossiers clos à 12 mois sur l'exercice 2024, dont 120 sans suite et 30 payés pour 2,7 millions d'euros, soit 90 000 euros par dossier payé et 18 000 euros par dossier clos. Sur l'exercice 2023, au même âge, 150 clos dont 60 sans suite et 90 payés au même coût : 8,1 millions, soit 54 000 euros par clos. Le coût moyen par clos est divisé par trois entre les deux exercices, alors que la gravité des sinistres payés n'a pas bougé.
clos sans suite, closed without payment, CWP, dossiers clos sans paiement, sinistres sans suite
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.