Valeur économique des fonds propres
Différence entre les actifs et les passifs évalués en valeur de marché ou en valeur cohérente avec le marché, seule grandeur que Solvabilité II reconnaît comme fonds propres disponibles.
Les fonds propres comptables résultent de conventions historiques et de règles d'amortissement ; les fonds propres prudentiels résultent d'une évaluation économique, et les deux divergent presque toujours de façon considérable. Le bilan prudentiel valorise les actifs au prix de marché et les passifs comme la somme d'une meilleure estimation actualisée et d'une marge pour risque, sans aucune prudence implicite. La différence est l'excédent d'actif sur passif, ossature des fonds propres disponibles, auquel s'ajoutent des éléments hors bilan éligibles et duquel se retranchent les dividendes prévisibles et certaines participations. Trois propriétés découlent de cette construction et sont la source de la plupart des malentendus. Cette valeur est volatile, parce que les deux côtés du bilan bougent avec les marchés et pas au même rythme. Elle est très sensible aux conventions d'actualisation, dernier point liquide, taux terminal, correction pour volatilité, au point qu'un changement de convention déplace des milliards sans qu'aucune opération ait lieu. Et elle est classée en niveaux de qualité, de sorte qu'un montant élevé ne dit rien tant qu'on n'a pas regardé sa composition.
Assureur vie européen, arrêté au 31 décembre 2025. Fonds propres comptables en normes locales 2,1 milliards d'euros ; excédent d'actif sur passif prudentiel 3,4 milliards. L'écart de 1,3 milliard vient pour l'essentiel de la valeur actuelle des marges futures sur le portefeuille en cours, que la comptabilité locale ne reconnaît pas et que le bilan prudentiel intègre à la meilleure estimation.
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