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Le filmercredi 21 octobre 20262 sources ouvertes

Arbol assure les promoteurs de centres de données contre les moratoires décidés par les élus

Le 20 octobre 2026, Arbol, un assureur new-yorkais spécialisé dans le paramétrique, a lancé une garantie pour les promoteurs et les financeurs de centres de données. Elle paie un montant fixé d'avance si une autorité publique suspend ou interdit les chantiers et si la mesure dure au-delà d'un délai d'attente convenu. Le déclenchement et le règlement se lisent dans les actes publics, sans expertise. La police vise une mesure qui frappe les centres de données comme catégorie. Le refus d'un permis sur un site donné n'en fait pas partie. Artemis et Insurance Journal l'ont rapporté le jour même. Arbol a souscrit environ 225 millions de dollars de primes l'an dernier, contre 2 millions en 2020, et compte doubler ce chiffre en 2026.

La demande ne manque pas. Selon Data Center Watch, au moins 106 projets, pour environ 198 milliards de dollars d'investissement, ont été bloqués ou retardés par une opposition locale au premier semestre. En août, Arbol comptait 45 mesures au niveau des États, dans 36 États, et des restrictions dans 194 juridictions locales. En Pennsylvanie, le gouverneur Josh Shapiro a signé en août un décret qui resserre le contrôle des projets. Dans un sondage Gallup de mars 2026, 71 % des Américains refusent un centre de données d'IA près de chez eux. Siddhartha Jha, le fondateur d'Arbol, dit avoir déjà reçu des clients dont les chantiers pèsent des dizaines de milliards de dollars.

Le produit prend le risque politique à rebours. Une police classique protège l'investisseur à l'étranger contre la confiscation, l'expropriation, la nationalisation et la privation. Elle paie quand l'État vise l'investisseur. La mesure générale, prise de bonne foi et appliquée à tous sans discrimination, en est d'ordinaire exclue. Les contrats la traitent comme un acte normal de souveraineté, qui n'ouvre aucun sinistre. Arbol fait l'inverse. Il couvre le gel de tous les chantiers d'un comté et laisse de côté le refus qui vise un seul site. Ce que la police classique tient pour inassurable devient l'objet même de la garantie.

Ce choix simplifie la preuve. Un vote de comté se lit dans un procès-verbal, et personne n'a à discuter de l'intention de l'autorité. Mais une mesure générale frappe tous les projets de son périmètre le même jour. Un moratoire d'État touche d'un coup chaque assuré de cet État, comme une tempête touche toute une côte. Les risques se cumulent donc par État et par comté. Et ces mesures suivent le calendrier électoral. Les élections de mi-mandat ont lieu le 3 novembre, et l'opposition s'élargit avant le scrutin. Les sites ne sont donc pas des risques indépendants. Reste le risque de base. L'indemnité est fixée d'avance, alors que les frais d'un chantier arrêté courent tant que la mesure dure. Robert Hartwig, de l'université de Caroline du Sud, prévient que chaque police doit être taillée sur mesure, ce qui freinera la diffusion.

Le délai d'attente sert de franchise, et il sert aussi à trier les risques. Un moratoire se prépare en public, avec une pétition, une audience et un vote inscrit à l'ordre du jour. Le promoteur connaît son comté mieux que l'assureur. Celui qui achète la garantie la veille d'un vote sait une chose que le tarif ignore. L'assureur a deux parades. Il peut exclure les mesures déjà en débat au jour de la souscription. Il peut aussi allonger le délai d'attente. La seconde parade rend la garantie moins utile au promoteur, dont les frais courent dès le premier jour d'arrêt.

Position de l'observatoire, datée du 21 octobre 2026 : la demande est réelle, mais la capacité restera étroite tant que le cumul par État ne sera pas mesuré. Nous attendons des limites par État avant de voir des limites plus hautes par projet. À relire après le scrutin du 3 novembre, puis au premier règlement rendu public.

On ignore encore le prix, la limite par projet et la durée du délai d'attente. On ignore qui porte le capital derrière Arbol. L'assureur dit seulement y mettre le capital alternatif qu'il emploie dans ses autres branches. On ignore aussi le sort d'une mesure déjà en débat le jour de la souscription, et celui d'une règle d'urbanisme qui durcit les permis sans porter le nom de moratoire.

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