La FEMA refuse son aide aux sinistrés des crues de juillet au Texas
L'Agence fédérale de gestion des urgences, la FEMA, a refusé l'aide fédérale individuelle que le Texas demandait après les crues de juillet 2026. Insurance Journal le rapporte le 22 octobre. L'eau a envahi des maisons à Uvalde et endommagé des biens dans tout le comté de Kerr, parfois pour la deuxième fois en deux ans. En juillet 2025, les crues y avaient tué plus de cent personnes. Le gouverneur Greg Abbott et la division texane de gestion des urgences étudient la décision et la voie d'un recours. L'aide individuelle paie ce qui remet une famille debout dans les semaines qui suivent, la maison rendue habitable, l'hôtel ou le logement provisoire, les biens perdus.
La FEMA a donné ses critères. Elle regarde la couverture d'assurance, les autres catastrophes récentes, le profil de la population touchée, le chômage causé par le sinistre et la capacité financière de l'État. Ce refus suit une ligne annoncée. L'administration Trump attend des États qu'ils portent une plus grande part du redressement. Le mardi 20 octobre, devant l'association nationale des responsables des urgences, l'administrateur de la FEMA, Cameron Hamilton, a dit que les États doivent disposer « des réserves financières appropriées », selon Politico. Nim Kidd, qui dirige la division texane, et Greg Abbott siégeaient au conseil de révision de la FEMA réuni par le président. Son rapport de mai demandait déjà aux États et aux collectivités de mener eux-mêmes la réponse aux catastrophes.
Le chiffre qui compte pour un souscripteur vient de Nim Kidd. Le mois dernier, devant les élus de l'État, il a indiqué que le Texas ne finance que 37 millions de dollars sur les 1,9 milliard inscrits à son budget des urgences pour 2027, soit 2 %. Le reste suppose le remboursement fédéral. Le Texas porte donc un risque de contrepartie sur Washington, et cette contrepartie vient de changer sa règle sans rien signer. Un souscripteur de risque politique connaît bien ce cas chez un concessionnaire étranger dont la recette dépend d'une subvention publique. On le voit plus rarement à l'intérieur d'un même État fédéral, entre deux niveaux de gouvernement.
Le premier critère de la liste mérite qu'on s'y arrête. La FEMA tient compte de la couverture d'assurance pour décider. Le principe est ancien et sain au niveau d'un ménage, puisque l'aide fédérale ne paie pas ce qu'une police paie déjà. À l'échelle d'un État, il change de sens. Un État mieux assuré, ou qui achète lui-même une protection, peut se voir refuser l'aide de Washington plus facilement. Tant que la FEMA ne dit pas comment elle compte une protection achetée par l'État, l'acheteur public ignore si sa prime s'ajoute à l'aide fédérale ou la remplace. Une partie de la valeur de la couverture dépend alors d'une décision administrative à venir.
Pour l'assureur d'une maison du comté de Kerr, le refus ne change rien au sinistre déclaré. La police paie ce qu'elle couvre, avec ou sans la FEMA. Le changement porte sur ce que personne n'assure. Aux États-Unis, l'inondation est exclue de la police habitation ordinaire et se garantit à part. Les ménages qui n'ont pas acheté cette garantie comptaient sur l'aide individuelle pour la part la plus urgente. Ce déficit de protection était financé par une décision publique. Il ne l'est plus, et la règle a été appliquée après l'événement, ce qu'aucun contrat n'aurait permis.
Le même jour, Artemis rapporte deux montages qui fixent la règle avant la catastrophe. La Banque mondiale a accordé au Mexique sa première ligne de crédit contingente, une Cat DDO de 500 millions de dollars sur trois ans, prolongeable. Le gouvernement y tire dès qu'il déclare l'état d'urgence, et elle complète ses deux obligations catastrophe IBRD CAR Mexico 2024 et ses polices paramétriques. Le Programme alimentaire mondial est devenu la première agence des Nations unies membre du CCRIF, le pool paramétrique des Caraïbes et d'Amérique centrale. Il a acheté deux polices contre les cyclones tropicaux pour la République dominicaine et Haïti, avec une limite totale de 11,6 millions de dollars. La République dominicaine n'est pas membre du CCRIF en son nom propre, et c'est une agence internationale qui achète la couverture à sa place.
Les trois cas répondent à la même question, celle de savoir qui finance le lendemain. Au Texas, une aide discrétionnaire, révisable par une autre autorité, sans délai garanti. Au Mexique, un emprunt dont l'État tient lui-même le déclencheur, puisqu'il lui suffit de déclarer l'urgence, mais qu'il devra rembourser. Dans les Caraïbes, une indemnité paramétrique, rapide et contractuelle, qui paie sur une mesure physique et laisse un risque de base entre cette mesure et le dommage réel. Le refus texan pousse la demande des États vers ces deux formes. Il fragilise aussi tout modèle du coût d'une crue qui suppose une aide fédérale constante.
Notre lecture, datée du 26 octobre. Nous pensons que le recours du Texas changera peu de chose, parce que le refus applique une doctrine que le gouverneur a lui-même défendue au conseil de révision. La décision qui compte viendra de la législature texane, dont la session ordinaire s'ouvre en janvier 2027. Elle devra choisir entre des réserves, un emprunt contingent et un transfert du risque. La façon dont la FEMA traite la couverture d'assurance pèsera sur ce choix plus que le montant des dégâts de juillet. Nous relirons cette lecture à la réponse au recours, puis au budget voté.
Ce qu'on ne sait pas encore. Le coût des crues de juillet 2026 au Texas reste inconnu, tout comme la part qui était assurée. On ignore si d'autres États ont reçu le même refus depuis le rapport de mai. On ne sait pas si la FEMA comptera une protection achetée par un État comme une couverture d'assurance qui réduit l'aide, ni si un recours peut aboutir contre un refus fondé sur la capacité financière de l'État.
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- Insurance Journal, 22 octobre 2026 : la FEMA n'aidera pas le Texas après les crues de juillet 2026
- Artemis, 22 octobre 2026 : le Mexique obtient sa première Cat DDO de la Banque mondiale, en complément de ses cat bonds et de son assurance paramétrique
- Artemis, 22 octobre 2026 : le Programme alimentaire mondial achète une assurance paramétrique contre les cyclones tropicaux au CCRIF