Le schéma · le prêt qui ne revient pas
Les prêteurs
quatre musées de Crimée
Amsterdam, février 2014
le musée Allard Pierson expose 565 objets prêtés
Le lieu du prêteur change de souveraineté
Mars 2014
la Russie annexe la Crimée pendant que les objets sont aux Pays-Bas
Kyiv, novembre 2023
après le tribunal (2016), la cour d'appel (2021) et la Cour suprême (2023)
Un prêt de quelques mois est devenu une garde de neuf ans, et le clou d'origine n'a jamais été retrouvé.
Cette note est devenue une décision le 1er octobre 2026. Elle instruit un dossier, pose ce qu'une grille aurait rendu, et proposait trois décisions complètes. L'option A, recommandée par le rédacteur, a été retenue : elle figure à la section 6, avec son motif, et les deux autres restent écrites.
Relue le 1er octobre 2026, avant parution, au niveau d'un souscripteur senior. Quatre ajouts, aucun mot retiré du fond : l'exposition bornée lot par lot (section 1), le texte de la clause de sanctions et ce que le droit français en a fait (section 3), le cumul et le scénario qui ferait mal à un portefeuille (section 3), et les seuils datés qui feraient changer la décision avant le départ des œuvres (section 6). La décision est inchangée ; les faits ajoutés sont relus en section 9, faits 37 à 42.
Chaque fait a été relu le 27 septembre 2026, ou retiré. La première rédaction était écrite de mémoire. La liste de la section 9 donne, pour chaque fait, sa référence exacte et son sort. L'accès au web était partiel : un moteur de recherche répondait, mais les pages elles-mêmes (Légifrance, EUR-Lex, les sites des juridictions et des musées) étaient bloquées depuis la machine de relecture. « Vérifié » veut donc dire : la référence exacte est identifiée, et le fait est confirmé par sa notice ou par deux sources concordantes ; aucun arrêt n'a été lu en entier.
Relecture proposée le 11 octobre 2027. À cette date, la note sera relue contre ce qui s'est passé, et la relecture sera publiée en tête, qu'elle donne raison ou tort à la décision retenue.
Les cas sont publics, l'assuré est fabriqué. Les décisions de justice, les textes et les mesures d'État cités ici sont réels et datés. La fondation qui demande sa couverture n'existe pas : elle assemble des configurations courantes du marché des expositions. La note dit ce qu'un souscripteur déciderait ; elle ne dit à personne quoi acheter ni où, et ne porte aucune recommandation de garantie, de capital, de franchise ou de prime.
0. Pourquoi ce cas
Les notes n° 1 et n° 2 étaient cyber. Celle-ci ouvre le troisième métier que le cap du site a ajouté le 26 septembre 2026 : le fine art. Elle reste sur la jonction : un acte d'État qui, sans qu'une œuvre soit touchée, change ce que couvre une police d'œuvres d'art.
La police clou à clou est le contrat le plus simple du marché : elle suit l'œuvre depuis le clou du prêteur jusqu'à son retour sur ce même clou. Tout repose sur une hypothèse que personne n'écrit, parce qu'elle va de soi : le clou existera encore au retour, et il appartiendra au même prêteur. Deux affaires publiques ont montré qu'un État peut défaire cette hypothèse pendant le prêt, l'une par une annexion, l'autre par une sanction. Aucune des deux n'a abîmé une seule œuvre.
1. Le risque
Les faits publics
L'or de Crimée, à Amsterdam. Au début de février 2014, le musée Allard Pierson de l'université d'Amsterdam a ouvert une exposition consacrée à la Crimée antique, composée pour l'essentiel de 565 objets prêtés par quatre musées de Crimée, et pour une part par des musées du reste de l'Ukraine. En mars 2014, la Russie a annexé la Crimée pendant que les objets étaient aux Pays-Bas. Le musée emprunteur s'est trouvé devant deux demandes de restitution contraires : celle des musées de Crimée, qui avaient prêté les objets et voulaient les voir revenir, et celle de l'État ukrainien, qui les revendiquait comme patrimoine national. Il a rendu en septembre 2014 les objets des musées du reste de l'Ukraine, et a gardé ceux de Crimée en attendant un juge. Le tribunal d'Amsterdam a jugé le 14 décembre 2016 que les objets devaient revenir à l'Ukraine ; la cour d'appel d'Amsterdam l'a confirmé le 26 octobre 2021 ; la Cour suprême des Pays-Bas a rejeté le pourvoi des musées de Crimée le 9 juin 2023. Les objets sont arrivés à Kyiv, au Musée national d'histoire de l'Ukraine, en novembre 2023. Un prêt de quelques mois est devenu une garde de neuf ans, et le clou d'origine n'a jamais été retrouvé : les objets ne sont pas retournés dans les musées qui les avaient prêtés.
La collection Morozov, à Paris. La Fondation Louis Vuitton a présenté à partir du 22 septembre 2021 environ deux cents œuvres de la collection des frères Morozov, prêtées pour l'essentiel par des musées d'État russes, et pour une petite part par des collectionneurs privés. Comme la loi le permet depuis 1994 (article 61 de la loi n° 94-679 du 8 août 1994), un arrêté ministériel avait déclaré insaisissables pendant leur séjour en France les œuvres prêtées par les musées. Cet article ne vise que les biens prêtés par une puissance étrangère, une collectivité publique ou une institution culturelle étrangère : les œuvres des prêteurs privés n'y avaient pas droit. L'invasion de l'Ukraine est intervenue pendant l'exposition, prolongée jusqu'au 3 avril 2022. Le 28 février 2022, l'Union européenne a inscrit Petr Aven sur la liste des personnes dont les avoirs sont gelés au titre du règlement (UE) n° 269/2014, par le règlement d'exécution (UE) 2022/336. À la fermeture, les œuvres des musées d'État ont été renvoyées en Russie ; trois œuvres sont restées en France, dont deux disent ce que ce dossier redoute. Le 9 avril 2022, la France a retenu un autoportrait de Piotr Kontchalovski appartenant à Petr Aven, pour la durée du gel. Un portrait de Margarita Morozova appartenant au musée d'art de Dnipro, en Ukraine, est resté à la Fondation, à la demande des autorités ukrainiennes, jusqu'à ce que son retour puisse se faire en sécurité. Le prêteur privé n'avait aucune insaisissabilité à opposer au gel, et l'œuvre du musée ukrainien ne pouvait pas rentrer chez elle.
Ces deux cas ne disent pas la même chose, et c'est pourquoi la note les prend ensemble. Le premier montre qu'un changement de souveraineté sur le lieu du prêteur rend le retour impossible sans décision de justice. Le second montre qu'une mesure sur la personne du prêteur transforme l'emprunteur en gardien d'un bien gelé, et qu'une guerre sur le lieu du retour suffit à garder en France l'œuvre d'un musée ukrainien.
L'assuré, fabriqué
Une fondation privée d'art moderne, dont le siège et la salle d'exposition sont à Lyon. Elle prépare pour le printemps 2027, du 12 mars au 11 juillet, une exposition de 74 œuvres de l'avant-garde ukrainienne des années 1910 à 1930.
- 61 œuvres sont prêtées par trois musées publics ukrainiens. Deux sont à Kyiv et prêtent 25 œuvres. Le troisième est un musée régional situé dans une ville du sud-est du pays, à une soixantaine de kilomètres de la ligne de front ; ses réserves ont été évacuées en 2022 et ses œuvres sont aujourd'hui conservées à Kyiv, mais le contrat de prêt de ses 36 œuvres désigne le musée régional comme prêteur et sa ville comme lieu de retour.
- 13 œuvres sont prêtées par deux collectionneurs privés. L'un est une personne physique résidant en Suisse. L'autre est une société holding immatriculée à Chypre, dont la fondation n'a pas reçu la liste des bénéficiaires effectifs.
La valeur agréée totale est de 186 millions d'euros, dont 41 millions pour les treize œuvres privées. Le transport aller se fait par camions climatisés, sous convoyage, de Kyiv à la frontière polonaise, puis par la route jusqu'à Lyon. Un arrêté d'insaisissabilité a été demandé ; il n'est pas encore publié. Le rapport d'installation de la salle lyonnaise est bon, la fondation n'a eu aucun sinistre sur ses six expositions précédentes, et les contrats de prêt reprennent le modèle des grands musées européens.
La demande est une police clou à clou pour l'ensemble des prêts, au départ des réserves à Kyiv, jusqu'au retour.
L'exposition, bornée
Le dossier se lit en quatre lots, et non en un seul. Les montants sont ceux de l'assuré fabriqué ; ils tiennent avec les totaux des sections 1 et 5.
- Les deux musées de Kyiv : 25 œuvres, 114 millions d'euros, retour à Kyiv. Exposition bornée par la durée du contrat, environ cinq mois.
- Le musée régional : 36 œuvres, 31 millions d'euros, retour dans une ville à soixante kilomètres du front. Exposition bornée en valeur, non bornée en durée : si le retour devient impossible, la police court jusqu'à ce qu'il redevienne possible ou qu'un juge désigne un autre lieu. Amsterdam donne l'ordre de grandeur, neuf ans au lieu de quelques mois : environ vingt fois la durée tarifée, sur le même capital.
- Le collectionneur suisse : 6 œuvres, 18 millions d'euros, bénéficiaire connu. Exposition ordinaire.
- La holding chypriote : 7 œuvres, 23 millions d'euros, bénéficiaires inconnus. Exposition bornée en valeur, mais le paiement d'un sinistre n'est pas assuré d'être possible : si un bénéficiaire est inscrit sur une liste de gel, l'indemnité ne peut pas lui être versée tant que dure la mesure (section 3, le texte qui compte).
Le cumul en un lieu est de 186 millions d'euros, dans une seule salle à Lyon, pendant quatre mois : c'est le sinistre maximal ordinaire d'une exposition, incendie ou dégât des eaux, et il n'a rien de propre à ce dossier. Le cumul en transit dépend du nombre de camions et de la valeur chargée dans chacun, que le dossier ne dit pas ; je le demande avec l'itinéraire. Ce qui est propre à ce dossier, ce sont les 54 millions d'euros des lots 2 et 4, dont l'un peut durer sans fin et l'autre ne pas pouvoir être payé.
2. Ce qui manque
Le lieu de retour réel de chaque œuvre, et qui peut le changer. Le contrat de prêt du musée régional dit « retour au prêteur ». Si la ville du prêteur est occupée pendant le prêt, qui décide du lieu où l'œuvre rentre : le musée, le ministère ukrainien de la Culture, ou un juge ? Tant que le contrat ne le dit pas, la police n'a pas de date de fin. C'est la pièce la plus importante du dossier.
Les bénéficiaires effectifs de la holding chypriote. Sans eux, je ne sais pas si l'un des prêteurs est déjà, ou peut devenir pendant le prêt, une personne dont les avoirs sont gelés. Si c'est le cas, l'indemnité due pour un dommage à ses œuvres ne pourrait pas lui être versée, et l'œuvre elle-même ne pourrait pas lui être rendue.
L'arrêté d'insaisissabilité, publié. Je le veux au Journal officiel avant l'arrivée des œuvres, avec la liste exacte des œuvres qu'il désigne. Il protège contre les créanciers et les revendications privées ; il ne protège contre aucune mesure de l'État français, et il ne peut viser que les 61 œuvres des musées : les 13 œuvres privées n'y ont pas droit.
L'itinéraire de retour, et la couverture de guerre sur la route. Le retour vers Kyiv traverse un pays en guerre. Le marché ne couvre pas en principe le risque de guerre sur terre pour des marchandises en transit (c'est la règle dite du Waterborne Agreement), et les polices d'œuvres d'art excluent en règle générale la guerre, usage que je n'ai pas relu ici sur un texte. Je dois savoir qui porte ce risque sur le dernier tronçon : le prêteur, l'État ukrainien, une garantie publique, ou personne.
Ce que prévoient les contrats de prêt si le retour devient illicite ou impossible. Stockage dans un lieu désigné, durée, frais, et qui les paie. C'est ce qui a manqué à Amsterdam, et qui a laissé au musée emprunteur la garde des objets pendant neuf ans.
3. Les signaux
Retenus
La police clou à clou n'a pas de fin si le clou n'existe plus. C'est le cœur de la note. Une police d'exposition est tarifée sur une durée, ici environ cinq mois de transport et d'exposition. Si le retour devient impossible, l'œuvre reste en garde chez l'emprunteur ou dans un entrepôt, et la police court tant qu'elle n'est pas rentrée. L'aléa n'est pas un dommage, c'est une durée, et cette durée n'est plus fixée par le contrat mais par une guerre ou par un juge. Amsterdam l'a chiffrée : neuf ans au lieu de quelques mois.
Le prêteur, sa ville et sa juridiction sont trois choses distinctes. Le musée régional est un prêteur public, solide, dont les œuvres sont aujourd'hui à Kyiv. Mais son adresse contractuelle est dans une ville proche du front. En Crimée, les prêteurs existaient toujours après l'annexion, avaient toujours leurs murs, et réclamaient leurs objets : c'est justement cela qui a créé deux demandes contraires. Le risque n'est pas que le prêteur disparaisse, c'est qu'il change d'État.
Un prêteur privé opaque est un risque de sanction, pas de probité. Je ne soupçonne pas la holding chypriote. Je constate que je ne peux pas savoir si elle échappera à un gel pendant les quatre mois du prêt, et qu'en 2022 une inscription est intervenue au milieu d'une exposition, sur un prêteur qui n'était visé par aucune mesure de gel de l'Union à l'ouverture.
L'insaisissabilité rassure la grille, et elle ne couvre pas ce qui compte ici. Elle est faite pour une revendication d'héritier ou un créancier d'un État prêteur. Les deux cas publics de cette note sont des mesures d'État, ou une situation que seul un juge a pu dénouer : l'arrêté n'aurait rien changé à Amsterdam, et il n'a rien empêché à Paris. Il ne couvre d'ailleurs que les prêts publics : les 41 millions d'euros d'œuvres privées de ce dossier sont exactement la part qu'il laisse dehors, et celle que vise le risque de gel.
Écartés
La nationalité des prêteurs, prise seule. Des musées ukrainiens ne sont pas un risque parce qu'ils sont ukrainiens. Ils le deviennent par le lieu de retour que désigne le contrat. Les deux musées de Kyiv, dont les œuvres rentrent à Kyiv, ne posent pas la question que pose le musée régional. Je retiens l'adresse du retour, j'écarte le passeport.
La guerre comme risque de dommage pendant l'exposition. Les œuvres seront à Lyon, dans une salle dont le rapport est bon. Le risque de guerre qui m'occupe n'est pas un missile sur la salle ; c'est le dernier tronçon du retour, et c'est une question d'itinéraire et d'exclusion, pas d'exposition.
Le pillage de 2022 à Kherson. Il est documenté, il est grave, et il concerne des œuvres restées dans une ville occupée. Ici les œuvres ont été évacuées. Je le garde en mémoire comme la preuve que le retour vers une ville exposée n'est pas une formalité ; je ne le mets pas au dossier comme un risque de l'exposition lyonnaise.
La valeur des œuvres. 186 millions d'euros, c'est une exposition moyenne pour des prêts de musées nationaux. La valeur fixe l'engagement, elle ne dit rien de la durée.
Le texte qui compte : la clause de sanctions
La grille coche « sanctions » comme une exclusion. Le texte de marché le plus répandu, la LMA 3100 du 15 septembre 2010, dit autre chose : « No (re)insurer shall be deemed to provide cover and no (re)insurer shall be liable to pay any claim or provide any benefit hereunder to the extent that the provision of such cover, payment of such claim or provision of such benefit would expose that (re)insurer to any sanction, prohibition or restriction under United Nations resolutions or the trade or economic sanctions, laws or regulations of the European Union, United Kingdom or United States of America. » Trois mots portent tout le dossier.
- « to the extent that » : la clause ne retire pas la garantie, elle en suspend l'effet tant que payer exposerait l'assureur. La Haute Cour de Londres l'a jugé le 12 octobre 2018 (Mamancochet Mining c. Aegis, [2018] EWHC 2643 (Comm)), sur une clause de même facture : la dette est suspendue, non éteinte. Pendant le gel, la police court donc toujours : c'est exactement le cas du lot 4.
- « would expose » : l'assureur doit établir qu'un paiement serait interdit, non qu'il serait risqué. Or l'interdiction existe sans la clause : l'article 2, paragraphe 2, du règlement (UE) n° 269/2014 interdit de mettre des fonds, directement ou indirectement, à la disposition d'une personne inscrite à son annexe I. La clause ne crée pas l'impossibilité de payer, elle la constate.
- Le droit qui lit la clause. La fondation est à Lyon, et sa police sera sans doute soumise au droit français. Le 21 juin 2022, la cour d'appel de Paris a qualifié une clause de sanctions d'exclusion, dans un contrat de responsabilité des dirigeants, et l'a écartée faute de dire avec assez de précision quelles sanctions elle visait, alors qu'une exclusion doit être formelle et limitée (article L. 113-1 du code des assurances). La Lloyd's Market Association a répondu le 5 octobre 2023 par la LMA 3100A, même texte sous un titre qui ne dit plus « exclusion », et par la LMA 3200, rédigée pour les droits civilistes. Sous droit français, ce que la grille coche n'est donc pas acquis ; ce qui l'est, c'est le règlement de 2014, qui interdit le paiement quel que soit le sort de la clause.
Conséquence pour la décision : la protection du lot 4 n'est pas dans le contrat d'assurance, elle est dans la connaissance des bénéficiaires avant le départ. C'est la condition 2 de l'option A, et ce texte la rend nécessaire plutôt que prudente.
Le cumul, et le scénario qui ferait mal
Un portefeuille d'expositions ne cumule pas les dommages de ce dossier, il en cumule les durées. Depuis 2022, les musées ukrainiens prêtent en Europe pour faire voir leurs collections. Un assureur d'œuvres d'art qui écrit plusieurs de ces expositions porte le même aléa sur chacune : le lieu de retour.
Le scénario qui ferait mal se raconte en une phrase : la ville d'un musée prêteur passe sous occupation pendant que trois de ses ensembles sont exposés dans trois pays européens. Aucune œuvre n'est touchée ; trois polices tarifées pour quelques mois courent ensemble pendant des années, sur trois capitaux, avec trois emprunteurs qui demandent à qui rendre. Le modèle de catastrophe du portefeuille ne le voit pas, parce qu'il compte des dommages par lieu, et qu'ici le sinistre est un calendrier.
Le second scénario est une vague d'inscriptions : une mise à jour des listes de gel qui atteint plusieurs collectionneurs prêteurs à la même date, comme le 28 février 2022 (fait 22). Il ne cumule pas des pertes, il cumule des œuvres gardées qu'on ne peut ni rendre ni indemniser.
Ce que le souscripteur peut faire de ce cumul n'appartient pas à cette note, qui ne fixe aucun capital : elle dit seulement que la mesure du cumul de ce dossier est le lieu de retour, et non le lieu d'exposition.
4. Ce qu'un moteur aurait décidé
La grille
Une grille d'appétit ordinaire pour les expositions temporaires aurait lu ceci :
emprunteur fondation privée, 6 expositions conforme
salle rapport d'installation favorable conforme
prêteurs musées publics (82 %) favorable
valeur agréée 186 M EUR dans la bande
transport camions climatisés, convoyeurs conforme
durée environ 5 mois clou à clou standard
insaisissabilité demandée (sans distinguer favorable
les œuvres privées)
sinistralité nulle sur six expositions favorable
------------------------------------------------------------
résultat acceptation, exclusions standard :
guerre, confiscation, sanctions- emprunteur
- fondation privée, 6 expositions
- conforme
- salle
- rapport d'installation favorable
- conforme
- prêteurs
- musées publics (82 %)
- favorable
- valeur agréée
- 186 M EUR
- dans la bande
- transport
- camions climatisés, convoyeurs
- conforme
- durée
- environ 5 mois clou à clou
- standard
- insaisissabilité
- demandée (sans distinguer les œuvres privées)
- favorable
- sinistralité
- nulle sur six expositions
- favorable
- résultat
- acceptation, exclusions standard : guerre, confiscation, sanctions
Le moteur accepte, et il a de bonnes raisons de le faire. Sur les données qu'il lit, c'est un dossier propre : des prêteurs institutionnels, une salle bien tenue, un transport de musée, et une durée courte.
Où le jugement s'en écarte, et pourquoi
À un seul endroit, et il est précis : la ligne « durée : environ 5 mois clou à clou ». Le moteur la lit comme une donnée. Je la lis comme une durée qui dépend, pour 61 œuvres sur 74, de la souveraineté sur une ville et, pour 13 autres, d'une liste de sanctions, deux choses qui peuvent changer pendant le prêt et qui ont déjà changé, dans des prêts comparables, en 2014 et en 2022.
Trois raisons font que cet écart n'est pas un scrupule :
- Le moteur croit que les exclusions ferment le risque. Guerre, confiscation, sanctions : il les coche et considère l'exposition bornée. Aucune de ces exclusions ne dit quand la police s'arrête. À Amsterdam, aucun objet n'a été détruit, confisqué ni saisi ; les objets sont restés en garde, assurables et à assurer, pendant neuf ans. L'exclusion écarte un dommage ; elle ne rend pas une durée.
- Le moteur lit « prêteur public » comme un signal favorable. Il l'est pour la solvabilité, la conservation et la tenue des contrats. Il devient l'inverse quand le prêteur est un établissement d'État dans une zone dont la souveraineté est disputée : c'est alors un État qui réclame, et parfois deux.
- Le moteur ne voit pas qui recevrait l'indemnité. La police paie le prêteur. Si le prêteur est gelé au jour du sinistre, la clause de sanctions que la grille coche interdit le paiement : le dommage est réel, l'œuvre est abîmée, et personne ne peut être indemnisé tant que dure la mesure.
Ce que la relecture tranchera. Le 11 octobre 2027, on saura si la ligne de front a bougé vers une ville qui abrite un musée prêteur de ce type, si de nouveaux prêteurs d'œuvres ont été inscrits sur les listes européennes, et si des prêts d'œuvres ukrainiennes en Europe sont rentrés à leur date. Si rien ne s'est produit, la grille avait raison sur la période, et le jugement devra dire si son écart était une prudence justifiée ou un coût inutile.
5. Les trois décisions possibles
Chacune est complète et défendable. Aucune ne porte sur les termes du contrat d'assurance : elles disent si l'on accepte, pour quelles œuvres, et sur quelle information.
Option AOui, sous conditions d'information
On accepte l'ensemble, et l'on transforme la durée incertaine en une durée écrite. Avant le départ des œuvres, la fondation remet :
- pour chaque prêt, le lieu de retour et l'autorité qui peut le modifier, écrits dans le contrat de prêt, avec un lieu de repli désigné si le retour devient illicite ou impossible, et la personne qui en décide ;
- la liste des bénéficiaires effectifs de la holding chypriote, et un criblage de tous les prêteurs privés contre les listes européennes, britanniques et américaines, à la signature et de nouveau quinze jours avant le retour ;
- *l'arrêté d'insaisissabilité publié au Journal officiel***, couvrant les 61 œuvres des musées, les seules que la loi permet d'y inscrire ;
- l'itinéraire de retour et l'écrit qui dit qui porte le risque de guerre sur le dernier tronçon, le prêteur, l'État ukrainien ou une garantie publique.
Si l'une manque, la décision devient l'option B. Ce ne sont pas des recommandations faites à l'assuré ; ce sont les faits sans lesquels je ne sais pas quand ma police s'arrête, ni à qui elle paierait.
Option BOui pour les œuvres qui rentrent à Kyiv, non pour les autres
On accepte les œuvres des deux musées de Kyiv et du collectionneur suisse, dont le retour et le bénéficiaire sont connus, soit 132 millions d'euros sur 186, et l'on refuse les œuvres du musée régional et de la holding, tant que leur lieu de retour et leurs bénéficiaires ne sont pas écrits. C'est la décision la plus facile à défendre devant un comité. Elle a un coût réel pour l'assuré, qui doit trouver ailleurs la couverture de 54 millions d'euros d'œuvres, ou renoncer à les exposer.
Option COui, aux conditions du moteur
On accepte comme la grille, avec les exclusions standard. Les prêteurs sont publics et solides, les œuvres sont évacuées depuis 2022 et conservées à Kyiv, l'arrêté d'insaisissabilité sera publié pour les œuvres des musées, et le cas d'Amsterdam tient à une annexion éclair qu'aucune exposition ne pouvait prévoir. Refuser ou conditionner des prêts ukrainiens parce que l'Ukraine est en guerre, c'est priver ces musées des expositions qui font connaître leurs collections au moment où ils en ont le plus besoin, sur un risque que le marché traite déjà par ses exclusions.
6. Ce qui ferait tort à chaque option
A aurait tort si les conditions étaient remplies sur le papier et inopérantes dans les faits : un lieu de repli écrit que personne ne peut imposer si deux autorités réclament l'œuvre, comme à Amsterdam, où il a fallu trois juridictions pour dire à qui rendre. Les conditions auraient alors mesuré une rédaction, pas une issue. Elle aurait tort aussi si la fondation ne parvenait pas à obtenir les bénéficiaires effectifs de la holding : c'est que le prêteur ne veut pas les donner, et l'option A aurait dû être B dès le départ.
B aurait tort si, au 11 octobre 2027, les prêts d'œuvres ukrainiennes en Europe étaient tous rentrés à leur date, la ligne de front n'avait atteint aucune ville abritant un musée prêteur, et aucun prêteur privé d'œuvres n'avait été inscrit sur une liste européenne pendant un prêt. On aurait fait supporter à une exposition, et à des musées en guerre, le coût d'un risque qui ne s'est pas produit.
C aurait tort si, pendant la période, une ville abritant un musée prêteur passait sous occupation pendant qu'une partie de ses œuvres était exposée à l'étranger ; ou si un prêteur privé d'œuvres en Europe était gelé en cours de prêt ; ou si un emprunteur européen devait garder des œuvres au-delà de la date prévue par une mesure d'État ou dans l'attente d'un juge. Dans chacun de ces cas, la police bornée par la grille aurait continué à courir sur une durée que personne n'avait tarifée, ou n'aurait pu payer personne.
Ce qui me ferait changer d'avis avant le départ
L'option A est une décision prise sous condition ; voici, datés, les faits qui la feraient basculer avant que les œuvres quittent Kyiv, prévu au début de février 2027.
- Au 15 janvier 2027, la holding chypriote n'a pas remis ses bénéficiaires effectifs : le lot 4 (23 millions d'euros) passe en option B, refusé, sans nouvelle discussion.
- Un bénéficiaire effectif, ou un proche que la liste désigne comme associé, figure sur une liste de gel européenne, britannique ou américaine au criblage de la signature ou à celui des quinze jours avant le retour : refus du lot 4, et non condition, car aucune rédaction ne rend payable une indemnité que le règlement interdit.
- Le contrat de prêt du musée régional ne désigne ni Kyiv ni un lieu de repli, ni l'autorité qui en décide, au 15 janvier 2027 : le lot 2 (31 millions d'euros) passe en option B.
- La ville du musée régional passe sous occupation, ou sous évacuation ordonnée, avant le départ : le lot 2 est refusé, car le lieu de retour écrit au contrat n'existe déjà plus.
- *L'arrêté d'insaisissabilité n'est pas publié au Journal officiel à la date du départ* : la condition 3 n'est pas remplie, et la décision devient l'option B, comme la section 5 le prévoit.
Ces cinq seuils seront relus le 11 octobre 2027 avec les cinq faits de la section 7 : s'ils ont été franchis, la relecture dira si la note a tenu sa propre règle.
La recommandation du rédacteur
Option A. Motif : elle est la seule qui porte sur ce que le souscripteur a réellement besoin de savoir, quand la police s'arrête et à qui elle paie, et ce sont deux faits que l'assuré peut obtenir avant le départ des œuvres, puisqu'ils se trouvent dans les contrats de prêt et dans un registre de bénéficiaires. B refuse des œuvres dont le seul défaut est une ligne manquante dans un contrat ; C tient les exclusions pour une borne alors qu'Amsterdam a montré qu'aucune ne borne la durée.
Ce que la recommandation n'est pas : une décision. Si la décision retient B ou C, elle prévaut, et la note publiée portera les deux, le désaccord compris.
Décision : Option A, oui sous conditions d'information, retenue sur la recommandation du rédacteur, selon la règle de délégation du 29 septembre 2026 : sans décision contraire avant la parution, la recommandation du rédacteur s'applique.
Motif en une phrase : Elle porte sur les deux faits qui décident ce dossier, quand la police s'arrête et à qui elle paie, et l'assuré peut les obtenir avant le départ des œuvres, dans les contrats de prêt et dans un registre de bénéficiaires.
Date de la décision : 1er octobre 2026
Date de relecture : 11 octobre 2027 (proposée, et modifiable)
7. La relecture
Le 11 octobre 2027, ou à la date qui aura été retenue. L'assuré étant fabriqué, la relecture ne porte que sur des faits publics. On cherchera, dans cet ordre, cinq faits vérifiables :
- Une ville ukrainienne abritant un musée d'art public passée sous occupation entre le 11 octobre 2026 et la date de relecture. Oui ou non, avec son nom et sa date.
- Une inscription sur une liste de gel européenne, britannique ou américaine d'une personne connue pour prêter des œuvres à des expositions en Europe, pendant la même période.
- Un emprunteur européen contraint de garder des œuvres prêtées au-delà de la date prévue, par une mesure d'État ou dans l'attente d'une décision de justice, quelle qu'en soit la nationalité.
- *Des arrêtés d'insaisissabilité publiés au Journal officiel pour des œuvres prêtées par des musées ukrainiens*, et leur nombre : c'est la mesure de la place que ces prêts ont prise en France.
- Une décision de justice publiée sur le retour d'œuvres prêtées après un changement de souveraineté ou une sanction, en Europe, après l'arrêt de la Cour suprême des Pays-Bas du 9 juin 2023.
La relecture dira lequel est survenu, ce qu'il fait de l'option retenue, et qui avait raison, de la grille ou du jugement. Si aucun des cinq n'est survenu, elle le dira aussi, et l'option C sera créditée de sa victoire.
8. Objections
Relecture adverse, jouée par un relecteur de risque politique dans la posture d'un souscripteur senior du marché de Londres en risques politiques. Ses trois objections les plus dures, et les réponses.
Objection 1 · « Amsterdam ne se reproduira pas. »
« L'annexion de la Crimée s'est faite en quelques semaines, presque sans combats, sur un territoire que personne ne pensait disputé. C'est un cygne noir. Une ville à soixante kilomètres du front est un risque que tout le monde voit, et que les prêteurs eux-mêmes gèrent en évacuant leurs réserves, comme celui-ci l'a fait en 2022. Vous construisez une note sur l'exception. »
Réponse. L'objection a raison sur la probabilité, et la note ne prétend pas que la ville sera occupée. Elle prétend autre chose : que le coût n'est pas proportionnel à la probabilité, parce qu'il se mesure en années et non en dommage. L'évacuation protège les œuvres ; elle ne change pas le lieu de retour écrit au contrat, et c'est ce lieu, non l'emplacement physique des œuvres, qui a fait le litige d'Amsterdam. Le risque visible est précisément celui qu'on peut traiter par une ligne de contrat avant le départ. Ce qui serait fautif, c'est de le voir et de ne pas l'écrire.
Objection 2 · « Le gel n'est pas votre problème. »
« Si un prêteur est gelé, l'œuvre reste en France, sous la garde de l'emprunteur, en parfait état. Il n'y a pas de sinistre. La clause de sanctions fait exactement ce qu'elle doit faire : elle empêche de payer une personne visée. Vous présentez comme un défaut de la police ce qui est son fonctionnement normal. »
Réponse. Elle a raison sur la clause, et c'est pourquoi l'option A ne touche pas à la clause. Le problème est ailleurs : pendant le gel, la police court toujours, l'œuvre reste exposée aux risques ordinaires de la garde, et le seul bénéficiaire possible d'une indemnité ne peut pas être payé. Un souscripteur qui l'accepte doit le savoir le jour où il accepte, et non le découvrir en cours de prêt, comme à Paris en 2022. La condition 2 ne cherche pas à éviter le gel ; elle cherche à savoir, avant le départ, si l'on garde en connaissance de cause une œuvre qu'on ne pourra peut-être ni rendre ni indemniser.
Objection 3 · « Vous faites payer la guerre aux musées ukrainiens. »
« Les expositions à l'étranger sont l'un des rares moyens qu'ont ces musées de montrer leurs collections et de lever des fonds. Chaque condition que vous posez retarde un prêt, et votre option B en exclut un tiers. Un souscripteur qui ne prête qu'aux musées en paix fait de la politique, pas de la souscription. »
Réponse. C'est l'objection la plus sérieuse, et c'est pourquoi la note recommande A et non B. Les conditions de A ne portent sur aucune qualité des musées ukrainiens : trois d'entre elles sont des pièces qu'on exigerait de n'importe quel prêteur, et la quatrième, la guerre sur le dernier tronçon, ne concerne que le retour vers Kyiv. Aucune ne refuse une œuvre ; toutes disent où l'œuvre rentre et à qui. L'objection rend cependant un service précis : elle oblige à écrire que si le musée régional désigne Kyiv comme lieu de retour et le ministère comme autorité, l'écart entre A et C devient presque nul pour ses 36 œuvres, et c'est pourquoi la condition 1 est la première pièce à lire.
9. Les faits relus
Relecture du 27 septembre 2026. Trente-six faits : 25 gardés, 8 requalifiés, 2 retirés, 1 ajouté. Accès au web partiel, dit en tête de note. Présentés en liste, les pages des notes ne rendant pas les tableaux.
- Exposition ouverte au musée Allard Pierson en février 2014. Hoge Raad, communiqué du 9 juin 2023 (février à août 2014). Vérifié, gardé.
- Objets prêtés par quatre musées de Crimée. Hoge Raad, 9 juin 2023, ECLI:NL:HR:2023:865. Vérifié, gardé.
- « et par un musée national de Kyiv », dont les objets ont été rendus. Interfax-Ukraine et presse, 2023 : objets de musées du reste de l'Ukraine rendus en septembre 2014. Requalifié : « des musées du reste de l'Ukraine », rendus en septembre 2014.
- « plusieurs centaines d'objets ». NL Times, 27 novembre 2023 : 565 objets. Requalifié : 565 objets.
- Annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014. Fait notoire ; Rechtbank Amsterdam, 14 décembre 2016, qui en tire un changement de circonstances. Vérifié, gardé.
- Deux demandes de restitution contraires, musées de Crimée et État ukrainien. ECLI:NL:HR:2023:865. Vérifié, gardé.
- Le musée a gardé les objets de Crimée en attendant un juge. Allard Pierson ; NL Times, 27 novembre 2023. Vérifié, gardé.
- Jugement du 14 décembre 2016 : les objets vont à l'Ukraine. Rechtbank Amsterdam, ECLI:NL:RBAMS:2016:8264, HA ZA 14-1179. Vérifié, gardé.
- Arrêt d'appel du 26 octobre 2021, confirmatif. Gerechtshof Amsterdam, ECLI:NL:GHAMS:2021:3201. Vérifié, gardé.
- Pourvoi des musées de Crimée rejeté le 9 juin 2023. Hoge Raad, ECLI:NL:HR:2023:865, n° 22/00270. Vérifié, gardé.
- Objets arrivés à Kyiv en novembre 2023. NL Times et The Moscow Times, 27 novembre 2023 : au Musée national d'histoire de l'Ukraine ; le jour diffère entre sources (26 ou 27). Vérifié, gardé au mois, lieu précisé.
- « une garde de près de dix ans ». Allard Pierson : neuf ans en réserve, 2014 à 2023. Requalifié : neuf ans (quatre occurrences).
- Les objets ne sont pas retournés aux musées prêteurs. ECLI:NL:HR:2023:865. Vérifié, gardé.
- « trois juridictions pour dire à qui rendre » (section 6). Faits 8 à 10. Vérifié, gardé.
- Exposition Morozov à la Fondation Louis Vuitton dès septembre 2021. Alexis Fournol, avocat, note du 2 mars 2022 : ouverture le 22 septembre 2021. Vérifié, gardé et précisé.
- Environ deux cents œuvres. The Art Newspaper, 25 mai 2022. Vérifié, gardé.
- Prêtées surtout par des musées d'État russes, en petite part par des privés. The Art Newspaper, 8 avril et 25 mai 2022. Vérifié, gardé.
- Insaisissabilité possible depuis 1994, article 61 de la loi n° 94-679 du 8 août 1994. Légifrance, LEGIARTI000006698549. Vérifié, gardé.
- « un arrêté avait déclaré les œuvres insaisissables ». Article 61 : ne vise que les biens prêtés par une puissance étrangère, une collectivité publique ou une institution culturelle étrangère ; presse de mai 2022 : l'arrêté ne s'appliquait pas aux prêteurs privés. Requalifié : les œuvres des musées seulement ; date et liste de l'arrêté non relues, donc on ne dit pas si le portrait de Dnipro y figurait.
- Exposition prolongée jusqu'au 3 avril 2022. The Art Newspaper, 25 mai 2022. Vérifié, gardé.
- Invasion de l'Ukraine pendant l'exposition. Fait notoire, 24 février 2022. Vérifié, gardé.
- Petr Aven inscrit le 28 février 2022 au titre du règlement (UE) n° 269/2014. Règlement d'exécution (UE) 2022/336 du Conseil du 28 février 2022, JO L 58. Vérifié, gardé, référence ajoutée.
- Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014. EUR-Lex, visé par le règlement 2022/336. Vérifié, gardé.
- Aven « visé par aucune mesure » à l'ouverture. Le règlement 2022/336 l'ajoute à l'annexe I ; mesures américaines ou britanniques antérieures non relues. Requalifié : « aucune mesure de gel de l'Union ».
- Œuvres des musées d'État renvoyées en Russie à la fermeture. The Art Newspaper, 25 mai 2022. Vérifié, gardé.
- « au moins une œuvre » retenue. The Art Newspaper, 25 mai 2022 : trois œuvres. Requalifié : trois œuvres.
- Autoportrait de Piotr Kontchalovski appartenant à Aven, retenu pour la durée du gel. The National et CNews, 9 avril 2022 ; décision du 9 avril 2022. Vérifié, gardé et daté.
- Portrait de Margarita Morozova, musée d'art de Dnipro, gardé en France à la demande de l'Ukraine jusqu'à un retour en sécurité. The National, 9 avril 2022 ; The Art Newspaper, 25 mai 2022. Ajouté, vérifié.
- Troisième œuvre : portrait de Timofeï Morozov par Valentin Serov, collection liée à Viatcheslav Kantor. The Art Newspaper, 25 mai 2022 ; fondement juridique non relu. Vérifié, gardé au tableau, non repris dans le corps.
- « L'insaisissabilité ne protégeait pas le prêteur contre l'État emprunteur lui-même ». L'œuvre d'Aven, prêteur privé, n'était pas couverte par l'arrêté (fait 19). retiré : la phrase imputait à l'arrêté une limite qui n'était pas en cause ; remplacée par ce que les faits 19, 27 et 28 établissent.
- Le marché ne couvre pas en principe la guerre sur terre pour des marchandises en transit. Waterborne Agreement de 1937, décrit par Atlas Magazine et par des courtiers ; texte de l'accord non lu. Vérifié à source secondaire, gardé et nommé.
- « les polices d'œuvres d'art excluent la guerre ». Aucun texte de police relu. Requalifié : « en règle générale », dit non relu.
- Pillage du musée d'art de Kherson en 2022. Human Rights Watch, 20 décembre 2022 ; presse de novembre 2022 (31 octobre au 4 novembre). Vérifié, gardé.
- Ces œuvres étaient restées dans une ville occupée. Même source. Vérifié, gardé.
- Objection 1 : annexion « en trois semaines, sans combats ». Fin février au 18 mars 2014. Requalifié : « en quelques semaines, presque sans combats ».
- Retour de 2023 « annoncé par le ministère ukrainien de la Culture ». Seule l'annonce du musée et la presse ont été retrouvées. retiré de la liste des sources.
- Ajouté le 1er octobre 2026 (relecture senior) : texte de la LMA 3100, « Sanction Limitation and Exclusion Clause », du 15 septembre 2010. Document de la LMA bloqué ; phrase retrouvée mot pour mot par recherche exacte, dans les reproductions de la clause par deux assureurs et par Law Insider. Vérifié, ajouté.
- Mamancochet Mining c. Aegis Managing Agency, [2018] EWHC 2643 (Comm), 12 octobre 2018 : la clause suspend, elle n'éteint pas la dette. Notice BAILII ; commentaires de Hill Dickinson et de Herbert Smith Freehills, octobre 2018. La clause jugée est celle du Joint Cargo Committee, de même facture que la LMA 3100, d'où « de même facture ». Vérifié, ajouté.
- Article 2, paragraphe 2, du règlement (UE) n° 269/2014 : interdiction de mettre des fonds à la disposition des personnes inscrites. Texte consolidé (legislation.gov.uk, Wikisource) ; avis de la Commission européenne du 8 juin 2021 sur cet article. Vérifié, ajouté.
- Cour d'appel de Paris, 21 juin 2022 (RG 20/10832) : clause de sanctions d'une police de responsabilité des dirigeants qualifiée d'exclusion, et écartée. Le Monde du droit ; cabinet Noëlle Lenoir ; DAC Beachcroft (motif : imprécision sur les sanctions visées). Arrêt non lu en entier ; le lien avec l'article L. 113-1 est celui que fait le droit français des exclusions, non une citation de l'arrêt. Vérifié, ajouté.
- LMA 3100A et LMA 3200 publiées le 5 octobre 2023 ; la 3100A reprend le texte de la 3100 sans le mot « exclusion » au titre. Communiqué de la LMA du 5 octobre 2023 ; Browne Jacobson et Insurance Business, octobre 2023. Vérifié, ajouté.
- Répartition des 186 millions d'euros en quatre lots (114, 31, 18 et 23). Assuré fabriqué : ce n'est pas un fait public, c'est une précision du dossier, cohérente avec les 41 millions d'euros d'œuvres privées (section 1) et les 132 et 54 millions de l'option B. Ajouté.
Ce que la relecture change à la décision. Rien qui la fasse tomber ; deux choses la précisent. Le fait 19 corrige une erreur de la première rédaction : l'insaisissabilité française ne peut couvrir que les 61 œuvres des musées, et la condition 3 de l'option A demandait un arrêté « couvrant les 74 œuvres », ce que la loi ne permet pas. Elle est réécrite. Et les faits 19, 27 et 28 renforcent la note au lieu de l'affaiblir : à Paris même, en 2022, un musée ukrainien n'a pas pu rentrer chez lui et un prêteur privé n'avait aucune protection contre le gel. La recommandation A tient, et tient mieux.
Sources publiques citées. Rechtbank Amsterdam, 14 décembre 2016, ECLI:NL:RBAMS:2016:8264 ; Gerechtshof Amsterdam, 26 octobre 2021, ECLI:NL:GHAMS:2021:3201 ; Hoge Raad der Nederlanden, 9 juin 2023, ECLI:NL:HR:2023:865. Retour des objets à Kyiv en novembre 2023, annoncé par le musée Allard Pierson. Loi n° 94-679 du 8 août 1994, article 61. Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014 ; règlement d'exécution (UE) 2022/336 du Conseil du 28 février 2022. Fondation Louis Vuitton, La Collection Morozov. Icônes de l'art moderne, 22 septembre 2021 au 3 avril 2022. The Art Newspaper, 8 avril et 25 mai 2022 ; The National, 9 avril 2022. Human Rights Watch, 20 décembre 2022. Avant parution, reste à lire en entier : les trois décisions néerlandaises et l'arrêté d'insaisissabilité de l'exposition Morozov, dont la date n'a pas été relue.