African Trade Insurance Agency (ATI)
Assureur multilatéral africain de risque politique et de crédit, créé en 2001 avec l'appui de la Banque mondiale, détenu par ses États membres et installé à Nairobi.
L'African Trade Insurance Agency (ATI) est un assureur multilatéral africain de risque politique et de crédit, détenu par ses États membres. Un traité adopté en mai 2000 à Grand Baie, à Maurice, par une poignée d'États d'Afrique de l'Est et australe, avec l'appui de la Banque mondiale, donne naissance en 2001 à l'African Trade Insurance Agency, installée à Nairobi. ATI est un assureur multilatéral : ses actionnaires sont pour l'essentiel des États africains, rejoints au fil des ans par quelques institutions financières et organismes de crédit export, et elle couvre sur le continent le risque politique, le crédit commercial et les cautions. Son catalogue ressemble à celui d'un souscripteur du marché CPRI (credit and political risk insurance, assurance du crédit et du risque politique) de Londres : confiscation, expropriation, inconvertibilité et impossibilité de transfert, violences politiques, rupture de contrat par une entité publique, non-paiement d'un acheteur ou d'un emprunteur. La différence tient au statut. Quand un État membre cause le sinistre, ATI indemnise l'assuré puis se retourne contre cet État, qui est aussi son actionnaire et qui a accepté, par le traité, de ne pas la traiter en créancier ordinaire. Ce statut de créancier privilégié fait la valeur de sa signature. Un gouvernement tenté de bloquer les dividendes d'une centrale électrique y regarde à deux fois quand la police émane d'une institution dont il est membre, et dont il aura besoin pour son prochain projet. ATI souscrit souvent en coassurance avec le marché privé et cède une partie de ses engagements en réassurance, ce qui lui permet d'afficher des lignes plus larges que ce qu'elle retiendrait seule. Les banques y trouvent aussi un argument de fonds propres sur leurs prêts transfrontaliers, à discuter avec leur régulateur au cas par cas. La réserve des praticiens porte sur la carte. L'effet dissuasif ne joue pleinement que dans les pays membres, et les adhésions ne recouvrent pas tout le continent : hors de cette carte, ATI redevient un assureur parmi d'autres, et le risque se compare à ce qu'offrent la MIGA (Agence multilatérale de garantie des investissements) ou les syndicats du Lloyd's.
Une banque qui finance une centrale électrique dans un pays membre demande à ATI (African Trade Insurance Agency) une couverture contre la rupture du contrat d'achat d'électricité par la compagnie publique. Si l'acheteur public cesse de payer et que l'État ne tient pas sa garantie, ATI indemnise la banque puis exerce son recours contre l'État, son propre actionnaire.
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