Écart constaté entre la provision inscrite à la clôture d'un exercice et le coût réellement payé ensuite, seul juge public de la prudence d'un provisionnement.
Le boni de liquidation est l'excédent de provision constaté lorsque les sinistres d'une génération coûtent finalement moins que ce qui avait été mis de côté ; le mali est la situation inverse. La grandeur est mécanique, mais sa lecture est délicate : un boni régulier peut signaler une gestion prudente et solide, ou au contraire un surprovisionnement systématique qui lisse artificiellement les résultats d'un exercice sur l'autre. Un mali répété, lui, ne laisse pas de place au doute, puisqu'il signifie que l'entreprise a publié pendant des années des résultats qui n'existaient pas. C'est la raison pour laquelle les régulateurs ont rendu publics les triangles de sinistres payés et provisionnés par année de survenance, qui exposent dix ans d'historique et permettent à un lecteur extérieur de juger sans accéder aux dossiers. Le problème résolu est la vérification d'une estimation par nature invérifiable au moment où elle est faite, et qui ne devient contrôlable que rétrospectivement.
Le rapport sur la solvabilité et la situation financière, que tous les assureurs européens publient chaque année depuis 2017, comporte l'état quantitatif S.19.01 : dix années de survenance en lignes, dix années de développement en colonnes, pour les paiements et pour les provisions. C'est la seule donnée publique qui permette de mesurer, sans information privilégiée, si une entreprise a systématiquement surprovisionné ou sous-provisionné.
résultat de liquidation, dérive des provisions