Boni-mali sur exercices antérieurs
Écart entre la provision constituée à la clôture précédente et le coût désormais estimé des mêmes sinistres, indicateur le plus direct de la sincérité des provisionnements passés.
À partir de 2023, le marché américain de la responsabilité civile enregistre des malis plusieurs années de suite sur les exercices 2016 à 2019, rongés par l'inflation sociale, et plusieurs grands groupes renforcent ces millésimes de plusieurs centaines de millions de dollars. Le boni-mali mesure cet écart. À chaque arrêté, on recalcule le coût des sinistres survenus avant l'ouverture de l'exercice. Si l'estimation baisse, l'excédent libéré est un boni et passe en produit ; si elle monte, le complément est un mali et passe en charge. C'est une note donnée après coup aux actuaires et aux gestionnaires de l'année précédente, dont le signe se lit sur plusieurs exercices avant d'en conclure quoi que ce soit. Un boni récurrent et important trahit un provisionnement prudent qui a immobilisé du capital et lissé le résultat, ce que les superviseurs regardent comme une réserve occulte. Un mali récurrent signale un sous-provisionnement structurel, qui a permis d'afficher des ratios combinés flatteurs et de tarifer trop bas. IFRS 17 et Solvabilité II le présentent à part du résultat de l'exercice courant, pour que l'un ne finance pas l'autre en silence.
Le marché américain de la responsabilité civile a enregistré des malis sur exercices antérieurs pendant plusieurs années consécutives à partir de 2023, sous l'effet de l'inflation sociale sur les exercices 2016 à 2019, plusieurs grands groupes ayant annoncé des renforcements de plusieurs centaines de millions de dollars sur ces millésimes. À l'inverse, un assureur dommages qui libère 4 % de ses provisions d'ouverture chaque année pendant cinq ans ne gagne pas d'argent : il en avait mis trop de côté.
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