Montant de fonds propres qu'une compagnie juge nécessaire à sa propre appétence au risque, distinct du capital réglementaire, et calculé sur son horizon et son seuil à elle.
Le capital réglementaire répond à une question posée par le superviseur : quel montant garantit que les engagements seront tenus avec une probabilité de 99,5 % sur un an. Le capital économique répond à la question que se pose la direction : quel montant permet de tenir la promesse commerciale, de conserver la notation visée et de traverser un cycle sans lever de fonds propres au pire moment. Les deux divergent presque toujours, et la nature de l'écart est instructive. Un assureur qui vise une notation A auprès d'une agence se calibre souvent au-delà du 99,5e centile, parfois à 99,9 %, et sur un horizon pluriannuel plutôt qu'annuel, parce que le risque qui le menace est la dégradation, pas la ruine. Il tient aussi compte de risques que la formule standard ignore, le risque stratégique, le risque de réputation, le risque de liquidité. L'ORSA est le lieu réglementaire où l'écart entre les deux montants doit être expliqué, et où il devient anormal de ne jamais en avoir.
Assureur non-vie européen de taille moyenne, ORSA 2026. SCR formule standard 480 M EUR, ratio de couverture 172 %. Capital économique interne calibré à 99,7 % sur trois ans et incluant un risque stratégique de 40 M EUR : 605 M EUR. La direction pilote sur un ratio interne cible de 140 % de ce dernier montant, soit 847 M EUR de fonds propres, ce qui explique pourquoi une distribution de dividende peut être refusée alors que le ratio réglementaire paraît confortable.
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