Clause de devise en réassurance
Clause qui fixe la monnaie des primes, des sinistres et des limites du traité, et le taux de conversion appliqué quand les opérations de la cédante sont dans d'autres monnaies ; elle déplace le risque de change entre cédante et réassureur.
Un assureur de Singapour achète un traité en excédent de sinistres libellé en dollars américains pour un portefeuille dont les sinistres sont réglés en dollars de Singapour, en ringgit et en roupies. Quand un sinistre survient, quelle somme dit-on perdue : celle du jour du sinistre, du jour du règlement, du jour du compte ? La clause de devise répond. Elle fixe d'abord la monnaie du traité, celle de la rétention, de la limite et de la prime, en général le dollar, l'euro ou la livre. Elle précise ensuite comment convertir les sinistres et primes libellés dans une autre monnaie : au taux du jour du règlement, au taux du jour de l'avis de sinistre, ou à un taux moyen de période. Le choix n'est pas neutre. Une rétention de dix millions de dollars est atteinte plus vite si la monnaie locale de la cédante se déprécie entre le sinistre et le règlement, ce qui peut aider ou nuire selon le sens. Pour les sinistres à longue traîne payés des années plus tard, la différence est grande. Les clauses de stabilisation de change, qui garantissent un taux ou un écart plafonné, existent, mais sont rares. Le réassureur couvre en général son risque de change par ses actifs dans la monnaie du traité. Un désaccord sur la clause est source de litige, et elle se lit avec le wording en entier.
Cas d'école. Traité de 20 M USD en excédent de 10 M USD, assureur de Singapour. Un sinistre de 14 M USD, réglé à terme en SGD au taux de 1,30 SGD pour 1 USD : 18,2 M SGD. Si le SGD se déprécie à 1,40 entre l'avis et le règlement, la clause au taux du jour de règlement donne 18,2 M SGD / 1,40 = 13 M USD, sous la rétention de 10 M USD pour le seul excédent de 3 M USD. Au taux du jour de l'avis, 14 M USD, l'excédent à charge du réassureur est de 4 M USD. La clause décide d'un million.
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