Contrats de remorquage (TOWCON, TOWHIRE)
Contrats qui fixent le prix et la répartition des risques entre le remorqueur et le navire ou l'engin remorqué, au forfait (TOWCON) ou à la journée (TOWHIRE), le plus souvent sur une base knock-for-knock.
Une plateforme de forage à déplacer de la mer du Nord vers l'Afrique de l'Ouest, un dock flottant à livrer d'Asie, une coque sans moteur à conduire au chantier de démolition. Ces remorquages hauturiers se signent presque toujours sur un formulaire BIMCO. TOWCON fixe un forfait pour l'opération, payable en partie à l'appareillage et acquis quoi qu'il arrive ensuite. TOWHIRE facture à la journée, et le donneur d'ordre porte alors le risque de la météo et des retards. Dans les ports, l'assistance des remorqueurs aux manœuvres se fait plutôt aux UK Standard Conditions for Towage and Other Services et à leurs équivalents nationaux. Ces conditions mettent l'essentiel du risque sur le navire remorqué, même quand la faute vient du remorqueur. Les formulaires BIMCO, eux, reposent sur la clause knock-for-knock : chaque partie supporte les dommages à son propre navire, à son personnel et à ses biens, quelle que soit la faute de l'autre. Chacune répond de ses propres tiers selon des règles posées au contrat. C'est un abandon de recours croisé, qui permet à chacun d'assurer ce qu'il possède sans chercher qui a tort. L'assureur corps du remorqué doit donc savoir qu'il a perdu son recours contre le remorqueur. Le club P&I de ce dernier, lui, ne couvre les responsabilités contractuelles que si les termes lui ont été soumis ou figurent parmi ceux qu'il accepte d'avance. La question qui revient au sinistre est la frontière avec le sauvetage. Tant que le remorqueur exécute la prestation promise, il touche le prix du contrat. Si un danger imprévu survient et qu'il rend des services que nul n'aurait raisonnablement attendus de lui, la prestation peut basculer en sauvetage, rémunéré sur la valeur sauvée. La note change alors d'ordre de grandeur. À ne pas confondre avec le contrat de sauvetage au Lloyd's Open Form, signé sous la pression du danger et sur le principe no cure, no pay.
Cas d'école : un remorqueur tire une barge de 30 millions de dollars sous TOWCON, forfait 1,2 million. Le patron du remorqueur conduit mal une manœuvre, la remorque se rompt et la barge heurte un quai. Bilan : 2 millions de dommages à la barge, 0,8 million au quai, 0,3 million au remorqueur. Sous knock-for-knock, l'assureur corps de la barge paie ses 2 millions sans recours, l'assureur du remorqueur ses 0,3 million, et le quai se règle selon la clause de responsabilité envers les tiers du contrat. Le forfait de 1,2 million reste dû.
remorquage, TOWCON, TOWHIRE, UK Standard Conditions for Towage, contrat de remorquage hauturier
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.