Crash for cash (accident provoqué)
Accident de la route provoqué ou mis en scène pour réclamer à l'assureur des dommages matériels et surtout corporels, pratique visée au Royaume-Uni par la réforme du whiplash entrée en vigueur en 2021.
Le 31 mai 2021, la réforme du whiplash entre en vigueur en Angleterre et au pays de Galles : le Civil Liability Act 2018 et ses règlements d'application fixent un barème pour les blessures de type whiplash du cou, du dos ou de l'épaule d'une durée de deux ans au plus, interdisent de proposer ou de demander un règlement sans rapport médical, et la limite des petits litiges pour les dommages corporels de la route passe à 5 000 livres. Le gouvernement visait en partie le crash for cash, l'accident provoqué ou mis en scène pour réclamer. La forme classique est le coup du frein, le « slam on » : le fraudeur pile devant un conducteur choisi, souvent seul et pressé, qui le percute par l'arrière et sera tenu pour responsable. Dans le « flash for cash », il fait un appel de phares pour céder le passage puis accélère au moment où l'autre s'engage. Il existe aussi l'accident purement fictif entre complices, constaté à l'amiable, avec des passagers qui n'étaient pas dans la voiture. L'argent vient rarement de la tôle. Il vient des préjudices corporels déclarés par chaque occupant, de la location d'un véhicule de remplacement, du stockage, de l'expertise, souvent par l'intermédiaire de garages et de cabinets de réclamation complices. Les gestionnaires connaissent les signaux : plusieurs passagers adultes dans un vieux véhicule, un sinistre déclaré le jour même par un tiers, les mêmes cliniques et les mêmes témoins d'un dossier à l'autre. Un signal isolé ne prouve rien, et l'analyse de réseau fait l'essentiel du travail, en reliant les noms à travers les compagnies. En France, la mise en scène relève de l'escroquerie, et la loi Badinter du 5 juillet 1985 rend l'indemnisation des passagers victimes presque automatique, ce qui rend les faux passagers attractifs.
Une berline freine sans raison sur une bretelle d'autoroute, la camionnette qui suit la percute, et quatre occupants déclarent des douleurs cervicales. Six mois plus tard, l'analyse de réseau montre que trois d'entre eux figurent déjà comme passagers dans deux autres accidents, pris en charge par la même société de location de véhicules de remplacement.
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