Aller au contenu
←Retour au glossaireActuariat

Délai de déclaration des sinistres (reporting lag)

Temps qui sépare la survenance d'un sinistre de sa déclaration à l'assureur. Sa distribution fait l'IBNR pur, et elle va de quelques jours en auto à plusieurs décennies pour l'amiante.

Définition

Marriott annonce en novembre 2018 que la base de réservation de Starwood est compromise, et l'enquête fait remonter l'intrusion à 2014. Quatre ans séparent le fait générateur de la première trace dans un dossier de sinistre. Le délai de déclaration mesure cet écart, de la survenance à la notification, et sa distribution décide de la taille de l'IBNR pur. En automobile, l'essentiel des sinistres arrive dans le mois. En amiante, le mésothéliome se déclare couramment trente ou quarante ans après l'exposition, si bien que des polices souscrites dans les années soixante ont reçu des réclamations bien après l'interdiction française du 1er janvier 1997. La responsabilité médicale se situe entre les deux, avec des dommages révélés à la consolidation ou à la majorité de l'enfant. Le cyber a sa version propre : le temps de présence de l'attaquant fixe le délai, et il se compte en mois. L'actuaire lit cette loi sur un triangle de nombres plutôt que de montants, en rangeant les sinistres par survenance et par délai de déclaration. Il en déduit la part des sinistres encore inconnus à chaque âge. Le mode de déclenchement la déforme. Une police en base réclamation coupe la queue, puisque seule compte la date de la réclamation pendant la période. Elle rejette le risque de longue latence vers la garantie subséquente ou vers l'assureur suivant ; une police en base survenance la garde entière. La loi bouge aussi quand le canal change : une déclaration en ligne ou une campagne d'avocats de victimes avance la courbe. Un chain ladder sur nombres prend alors ce gain de vitesse pour une hausse de fréquence. À ne pas confondre avec le délai contractuel imposé à l'assuré pour déclarer son sinistre, ni avec la cadence de règlement, qui commence une fois le dossier ouvert.

Ses 6 renvois, tissés sur les 18 catégories du glossaire
Délai de déclaration des sinistres (reporting lag) : illustration de la fiche Actuariat du glossaire AlgoPolis
Exemple

Exemple construit : un exercice de RC générale doit compter 1 000 sinistres à l'ultime. 60 % sont déclarés la première année, 25 % la deuxième, 10 % la troisième, 5 % ensuite. À 12 mois, 600 dossiers sont ouverts et 400 sont encore inconnus. Au coût moyen de 8 000 EUR, l'IBNR pur vaut 3,2 M EUR. Si une campagne de déclaration en ligne porte la première année à 70 % sans changer le total, le triangle montre 700 dossiers. Un chain ladder calé sur 60 % conclut alors à 1 167 sinistres : 167 de trop, et 1,3 M EUR de charge fictive.

À lire ensuite
Termes associés
Également connu sous

reporting lag, délai survenance-déclaration, retard de déclaration, report lag

Rester informé

Suivez la recherche

Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.

Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.