Ghost broking (faux courtier)
Fraude où un faux intermédiaire vend, souvent par les réseaux sociaux, une police auto inexistante ou obtenue par fausse déclaration, laissant l'acheteur rouler sans assurance valable.
En Angleterre, un conducteur arrêté sans assurance valable encourt six points sur son permis et une amende forfaitaire de 300 livres, même s'il a payé de bonne foi la police qu'on lui a vendue. Le ghost broking fabrique précisément ces conducteurs. Un faux intermédiaire, sans agrément de la FCA, propose sur Instagram, Snapchat ou des groupes de messagerie une assurance auto à moitié prix, avec un public de prédilection, les jeunes conducteurs que les tarifs normaux excluent. Trois montages se rencontrent. Le document est faux de bout en bout. Ou bien la police existe mais a été souscrite avec des informations inventées, adresse dans une zone bon marché, conducteur principal plus âgé, permis d'un tiers, puis annulée quelques jours plus tard une fois l'attestation téléchargée. Ou encore le fraudeur souscrit avec une carte bancaire volée, et l'assureur résilie au premier impayé. Dans tous les cas l'acheteur pense être couvert et ne l'est pas. S'il cause un accident, les victimes sont indemnisées par le Motor Insurers' Bureau au Royaume-Uni, par le FGAO en France, et le fonds se retourne contre lui. La France n'emploie guère l'expression mais connaît la fraude, sous la forme de faux courtiers et de fausses attestations. Le Fichier des véhicules assurés, tenu par l'AGIRA et consultable par les forces de l'ordre depuis 2019, a rendu la fausse attestation papier beaucoup plus facile à démasquer au contrôle. Côté assureur, la défense se joue à la souscription : vérification de l'identité et du moyen de paiement, cohérence entre adresse et usage, alerte sur les annulations rapides après émission. Un taux d'annulation anormal dans les quinze premiers jours sur un canal est souvent le premier indice.
Un comparateur constate qu'une série de polices souscrites par des conducteurs de 19 à 22 ans, toutes avec le même numéro de téléphone de contact, sont annulées dans la semaine pour défaut de paiement. L'assureur signale le numéro, et les acheteurs découvrent au premier contrôle routier qu'ils roulaient sans assurance.
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