Lettre de crédit en réassurance
Engagement bancaire irrévocable de payer la cédante à première demande, tenant lieu de collatéral.
La lettre de crédit est l'engagement d'une banque de verser à la cédante, sur simple demande conforme, un montant qui couvre les engagements d'un réassureur. La banque ne peut pas lui opposer les exceptions du contrat de réassurance. Pour ouvrir droit au crédit de réassurance, la lettre doit être irrévocable, inconditionnelle, et émise par un établissement agréé par le superviseur de la cédante. Elle règle la question de l'immobilisation : un dépôt en fiducie oblige à bloquer des actifs réels, alors que la lettre de crédit ne mobilise qu'une ligne bancaire et laisse au réassureur l'usage de ses placements. Elle ne coûte que la commission bancaire, fonction de la qualité de signature du réassureur. Sa faiblesse : elle déplace le risque de crédit sans le supprimer. La cédante dépend désormais de la banque émettrice et de sa disponibilité en période de tension. Les crises bancaires ont montré que ces lignes se raréfient au moment précis où les cédantes en ont besoin. D'où le retour partiel vers les fiducies d'actifs.
Un réassureur bermudien fournit en 2026 des lettres de crédit totalisant 140 millions d'euros à quatorze cédantes européennes, au coût moyen de 78 points de base, soit 1,09 million par an. Lors d'un resserrement du crédit bancaire, deux de ses lignes ne sont renouvelées qu'à 95 points de base et une troisième est réduite de 20 millions, ce qui l'oblige à constituer une fiducie d'actifs en remplacement dans un délai de trente jours.
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