Manipulation du système AIS
Coupure ou falsification du signal par lequel un navire diffuse sa position et son identité, utilisée pour dissimuler des activités illicites, notamment le contournement des sanctions ; elle est devenue un critère de souscription et de conformité.
Le système d'identification automatique, obligatoire pour les navires de commerce d'une certaine taille en navigation internationale en vertu de la convention SOLAS, émet en continu la position, la vitesse, le cap et l'identité du navire. Conçu pour prévenir les abordages, il est devenu la principale source de suivi du trafic maritime mondial. Sa manipulation prend plusieurs formes. Le navire peut couper son émetteur, ce qu'on appelle passer dans l'ombre, pendant un transbordement discret en mer. Il peut émettre une fausse position, à des centaines de kilomètres de sa position réelle, pour simuler un trajet anodin pendant qu'il charge dans un port sanctionné. Il peut enfin emprunter l'identité d'un autre navire, parfois démoli depuis longtemps. Ces pratiques font la flotte fantôme qui transporte le pétrole russe, iranien ou vénézuélien en contournement des sanctions. Les autorités américaines et britanniques ont publié des avis qui en font des signaux d'alerte pour tous les acteurs maritimes, assureurs compris. Pour l'assurance, les conséquences sont doubles. Couvrir un navire qui manipule son signal expose à la violation des sanctions, d'où l'analyse des historiques de trajet avant souscription. Et un navire qui navigue sans signal accroît le risque d'abordage, d'échouement et de pollution sans assureur solvable.
Cas d'école : avant de renouveler la couverture d'un pétrolier, un club de protection et d'indemnisation analyse ses douze derniers mois de trajets. Il relève trois coupures de signal de plus de quarante-huit heures au large d'un port sanctionné ; il refuse le renouvellement et signale le navire à l'autorité de sanctions.
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